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Système d’information maritime: Ottawa traîne à débloquer l'argent, clame Québec

La ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau
Photo d'archives, Simon Clark La ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau

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Le gouvernement fédéral est critiqué à Québec pour sa lenteur à débloquer 1,1 M$ pour la mise en place du Système d’information maritime par Québec  

Depuis 2011, Statistique Canada ne compile plus les données sur les mouvements de navires sur le Saint-Laurent et les activités dans les 20 ports québécois. Les responsables doivent se fier aux données partielles fournies par les ports et les armateurs.  

En 2016, avec l’aide de Transport Canada, Innovation maritime de Rimouski avait développé un système pour pallier l’absence de données fournies par Ottawa. Or depuis deux ans, le ministre fédéral des Transports doit se faire tirer l’oreille pour aider le Québec à développer son corridor maritime intelligent, s’insurge la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES).  

«Du côté de Vancouver, depuis des années, il y a eu des démarches qui ont été faites avec le gouvernement fédéral pour disposer d'un système de cet ordre-là», s’indigne la PDQ de la SODES, Nicole Trépanier, qui est sur le point de perdre patience.  

«Je ne vois pas pourquoi le Québec serait l'enfant pauvre des données au pays. C'est des peccadilles de développer un système comme ça. On ne parle pas de construire un deuxième pont Champlain, on parle d'avoir un outil d'aide à la décision, ce n’est pas compliqué», s’insurge-t-elle.  

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La Société de développement économique du Saint-Laurent demande au gouvernement Legault d’avancer la somme de 345 000$ par année sur trois ans afin de terminer la phase deux du Système d’information maritime. Cela permettrait de savoir s’il y a une augmentation du trafic sur la voie maritime et avec quels marchés internationaux il y a croissance ou décroissance.  

«Je demande au gouvernement Legault de nous aider à aller plus loin et, après, on vendra des abonnements au fédéral s'il le faut», clame Nicole Trépanier.  

Québec prêt à faire pression  

La ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, travaille actuellement sur la vision maritime de son gouvernement, fortement inspirée du «Projet Saint-Laurent» du premier ministre François Legault.  

La ministre Rouleau s’explique mal l’attitude du fédéral.  

«Je pense que les signaux tardent à venir du gouvernement fédéral à l’heure actuelle, je les comprends d’être impatients. Le fédéral a sa part à faire, parce qu’il a des responsabilités face au Saint-Laurent, il ne peut pas s’en départir. S’il veut nous les déléguer, qu’il nous donne l’argent pour qu’on le fasse», souligne la ministre déléguée aux Transports, qui n’hésitera pas à aller frapper à la porte du ministre fédéral Marc Garneau pour faire débloquer le dossier.  

«S'il faut qu'on aille au bâton ensemble pour aller faire des représentations auprès du gouvernement fédéral, on va le faire!» conclut la ministre Rouleau.  

Les 20 ports québécois transbordent en moyenne annuellement 110 millions de tonnes pour des retombées économiques de 2,3 G$. Le gouvernement Legault prévoit de présenter sa politique maritime début 2020, une politique qui comptera un corridor maritime intelligent.