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Huawei veut installer son centre de recherche au Canada

Huawei veut installer son centre de recherche au Canada
AFP

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Le géant chinois des télécommunications Huawei souhaite transférer ses opérations de recherche des États-Unis au Canada, a rapporté mardi le «Globe and Mail».

Confronté à des sanctions économiques imposées par les États-Unis, Huawei souhaite transférer les activités de Futurewei, son centre de recherche et développement «des États-Unis au Canada», a fait savoir son grand patron Ren Zhengfei en entrevue avec le journal torontois, depuis le siège de la compagnie à Shenzhen.

Les États-Unis soupçonnent Huawei d'espionnage potentiel au profit de Pékin, ce que dément la compagnie. Depuis, cette dernière a réduit son effectif. Sur les 600 personnes qu’elle employait, il n'en reste qu’environ 250. Pourtant, l’année dernière, environ 510 millions $ US ont été investis pour les opérations de Futurewei.

Du potentiel au Canada

Rien que pour cette année, l’entreprise a engagé 300 travailleurs au Canada pour un total de 1200 employés. «Le directeur chargé des plans d’affaires aux États-Unis travaille actuellement à Ottawa», a d’ailleurs confié M. Ren, soulignant que Huawei dispose déjà d’une base dans la capitale nationale.

Ren Zhengfei, qui a fondé Huawei dans les années 1980, s’est aussi confié sur le potentiel du Canada, notamment sur la question de l’intelligence artificielle, estimant que son développement devrait constituer sa stratégie nationale. «L'intelligence artificielle est une nécessité urgente pour le Canada, pays peu peuplé, riche en ressources et géographiquement étendu», a-t-il dit.

Rappelons que les relations entre la Chine et le Canada se sont envenimées depuis qu’Ottawa a procédé à l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei et fille du fondateur de cette entreprise, à la demande des Américains, en décembre 2018, à Vancouver.

Elle conteste son extradition aux États-Unis pour faire face à la justice américaine. Des audiences auront lieu au début de l’an prochain au Canada pour déterminer son sort. En attendant, elle est en liberté surveillée dans la région de Vancouver.

Ren Zhengfei est d’avis que sa fille «n'a commis aucun crime» et a été «utilisée comme un pion», mais dit avoir pleinement confiance dans le système judiciaire canadien nous avons pleinement confiance dans le système judiciaire du Canada.

Par ailleurs, dans une volonté d’apaiser les craintes, le géant chinois des télécoms pense aussi à construire de nouvelles usines en Europe, pour ses équipements 5G. Si le coût pouvait être plus élevé, il soutient qu’une telle initiative pourrait permettre de gagner la confiance des pays européens.

Rappelons que Washington s'inquiète de l'avance prise par Huawei dans la fourniture d'équipements pour la 5G, la cinquième génération des communications mobiles.

Pour sa part, le président américain Donald Trump a soutenu mardi que «Huawei représente un risque sur le plan de la sécurité».

Selon lui, des décisions doivent être prises sur cette question. «Nous (les Américains) avons fait beaucoup de progrès dans le réseau 5G et on avance rapidement. Nous ne nous servons pas de leur technologie», a-t-il ajouté, en marge du sommet de l'OTAN qui se déroulait à Londres.