/opinion/columnists
Navigation

Tramway et équilibre

Coup d'oeil sur cet article

Au fur et à mesure que se raffine la conception du projet de transport structurant de Québec se profile la délicate question de l’équilibre à trouver entre la nécessité d’offrir un tramway suffisamment attrayant et d’éviter de pourrir la vie aux automobilistes.

L’un et l’autre objectif peuvent apparaître de nature paradoxale, mais il n’en est rien. En fait, l’idée d’offrir une alternative à l’automobile ne signifie pas qu’on s’imagine, à la Ville, que tout le monde va passer au transport en commun. 

On calcule, peut-on lire dans le rapport d’achalandage mis à jour et déposé hier, que l’augmentation de l’achalandage du transport en commun serait de 36,8 % avec la mise en place du Réseau structurant de transport en commun (RSTC), comparé à 8 % sans son implantation.

Puis, le RSTC « permettra de réduire de près de la moitié la croissance prévue des déplacements automobiles ».

Il s’agit donc d’améliorer l’offre afin de favoriser une plus grande utilisation, avec tous les bénéfices que cela amènera également pour la congestion sur les routes, pour tous les usagers, dont les automobilistes.

En parallèle, il faut donc s’assurer d’offrir, avec le RSTC, non seulement un mode de transport plus confortable, mais aussi plus fiable, plus attractif et qui génère des gains de temps. 

Malgré tout, le passage du tramway engendrera un nécessaire changement dans la façon de se déplacer en voiture. Certains automobilistes devront adopter de nouveaux itinéraires. On en saura plus au cours des prochains mois sur les solutions qu’on prévoit retenir.  

Niveau supérieur 

La présentation d’hier a aussi démontré à quel point il était nécessaire, pour Québec, de passer à un niveau supérieur de service de transport en commun. Le modèle actuel, où 77 % des déplacements s’effectuent en automobile, deviendra rapidement insoutenable avec l’augmentation des résidents attendus. Et ce même si on s’est basé sur des résultats conservateurs.

En effet, afin de répondre à la demande anticipée jusqu’en 2041, il faudrait, pour maintenir les conditions de circulation actuelles, construire l’équivalent des 11 voies des boulevards Laurier et Charest. 

Cela démontre bien la logique intenable qui se tend derrière l’ajout de routes et d’autoroutes, qui favorise la congestion à moyen et long terme. Est-ce vraiment le milieu de vie que l’on souhaite à Québec ? Certainement pas.