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Transport en commun: 100 000$ pour 4 passagers par jour à Shannon

Lent à se mettre en marche, le service reviendrait plus cher que d’acheter une voiture à chaque utilisateur

La municipalité offre le service de transport à bord d’un minibus de 24 places, affilié au Transport collectif de La Jacques-Cartier (TCJC).
Photo Jean-François Racine La municipalité offre le service de transport à bord d’un minibus de 24 places, affilié au Transport collectif de La Jacques-Cartier (TCJC).

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Le nouveau transport collectif en minibus offert à Shannon attire en moyenne moins de 4 passagers par jour, pour un coût annuel de près de 100 000 $. Il en coûterait moins cher de payer une petite voiture à chaque utilisateur que de maintenir le service.

En service du lundi au vendredi depuis mars 2019, le circuit 33 de Shannon offre une connexion avec le réseau du RTC. En excluant les jours fériés, le véhicule de 24 places avec WIFI circule près de 250 jours par année, pour un coût moyen d’environ 375 $ par jour sur la route. 

Le projet pilote de trois ans, au coût annuel de 93 524 $, se poursuivra au moins jusqu’au 31 janvier 2022. 

La municipalité de 6031 citoyens a décidé de ramener ce service en soutenant que de nombreuses jeunes familles se sont établies sur son territoire au cours des dernières années. Le tarif unitaire est de 4,50 $ pour un adulte ou 91 $ pour un laissez-passer mensuel régulier. 

Le stationnement incitatif de Shannon est généralement complètement désert.
Photo courtoisie
Le stationnement incitatif de Shannon est généralement complètement désert.

Le Journal a voulu connaître les chiffres d’achalandage quotidien du service. 

«Veuillez prendre note que la MRC de La Jacques-Cartier ne tient pas de registre officiel du nombre de passagers de son service de transport collectif», a répondu la direction par écrit. 

Toutefois, dans une réponse à une demande d’accès à l’information, la MRC précise qu’elle compile ses données par le nombre de déplacements mensuels. 

Pour les huit premiers mois depuis la mise en service, le nombre de déplacements a atteint les 1305, pour 169 jours ouvrables, soit environ 7,7 déplacements par jour. 

En utilisant le service aller-retour, un passager effectue deux déplacements au cours d’une même journée. 

Hier soir, il n’y avait que deux passagers en excluant le représentant du Journal.
Photo Jérémy Bernier
Hier soir, il n’y avait que deux passagers en excluant le représentant du Journal.

Peu d’affluence

Le service a été maintenu pendant l’été. En juillet et août, rarement plus d’une personne est montée à bord chaque jour. Le printemps 2019, lors du lancement du service, a aussi été plus populaire que l’automne actuel, où les déplacements ont fortement diminué. 

Désirant constater la situation, Le Journal s’est rendu à bord du circuit 33, lundi soir. Des 24 sièges disponibles dans le véhicule, seulement deux étaient occupés. 

«C’est toujours comme ça. Le matin, pour se rendre à Loretteville, il y a peut-être cinq personnes. Le soir, c’est plus calme. Il y a souvent deux ou trois personnes maximum», a confié au Journal Laurence, une habituée du trajet. 

Le conducteur de l’autobus s’est voulu un peu plus optimiste, bien qu’il reconnaisse qu’il n’y a pas une grosse affluence. 

«En moyenne, on transporte environ 60 à 70 personnes par semaine. Pour l’instant, les gens doivent se déplacer en auto pour prendre l’autobus, c’est sûr que c’est moins intéressant.» 

«Pour un début, c’est correct. Le service a été interrompu pendant plusieurs années et on a recommencé seulement au mois de mars, alors les gens sont habitués à voyager autrement», a-t-il ajouté. 

Stationnement désert

Des citoyens ont signalé la faible popularité du service. Le Journal s’est rendu à trois reprises à l’un des points d’embarquement. 

À 7 h 30 le matin, après le départ de la navette, le stationnement incitatif du chemin Gosford était désert. 

Le service est affilié au Transport collectif de La Jacques-Cartier (TCJC), couvrant sept des neuf municipalités de la MRC : Fossambault-sur-le-Lac, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Shannon, Lac-Beauport, Lac-Delage, Stoneham-et-Tewkesbury et Sainte-Brigitte-de-Laval. Ailleurs, à Stoneham par exemple, le service semble beaucoup plus populaire. 

Le service sur le reste du réseau a débuté en 2010, et la MRC affirme que l’achalandage a presque quadruplé depuis 10 ans. 

Pour les neuf premiers mois de 2019, les données obtenues montrent un achalandage correspondant à environ 114 passagers par jour pour l’ensemble des municipalités participantes. La population totale est de près de 40 000 personnes.

Le directeur général d’Accès transports viables, Étienne Grandmont, a salué l’initiative de la municipalité de Shannon, même si des rajustements sont parfois nécessaires. 

«C’est difficile de développer du transport en commun en périphérie. Il faut diminuer le temps de déplacement, limiter les correspondances, évaluer les voies réservées et calculer le prix. Ça prend du temps», a-t-il expliqué. 

 — Avec la collaboration de Jérémy Bernier