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Un héros qui n’a pas été oublié

Paul «The Butcher» Vachon, 82 ans, est la vedette d’un documentaire

Paul « The Butcher » Vachon et son frère, Maurice « Mad Dog » Vachon.
Photo d'archives Paul « The Butcher » Vachon et son frère, Maurice « Mad Dog » Vachon.

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Trente-cinq ans après avoir quitté l’arène pour la dernière fois, l’ex-lutteur Paul « The Butcher » Vachon, le frère du célèbre Maurice « Mad Dog », se retrouve de nouveau sous les projecteurs grâce au documentaire Mad Dog & The Butcher : Les derniers vilains. Il en savoure chaque instant.

Le colosse, aujourd’hui âgé de 82 ans, est immédiatement revenu sur l’accueil plus que chaleureux que lui a réservé le public du Festival de cinéma de la ville de Québec, lors de la première du film, en septembre, quand Le Journal lui a passé un coup de fil, la semaine dernière.

« J’ai été émerveillé. Personne ne savait que j’étais là. À la fin du film, on m’a présenté et j’ai eu une ovation », dit-il fièrement, de sa voix désormais granuleuse et hésitante.

Dire que lui et son frère étaient considérés comme des méchants dans le ring durant leur longue et glorieuse carrière. « Ça a d’l’air qu’on a raté notre coup », rigole-t-il.

Récit de la vie rocambolesque d’une des plus célèbres familles de lutteurs non seulement au Québec, mais au monde, Mad Dog & The Butcher : Les derniers vilains est l’œuvre de Thomas Rinfret, ancien skieur devenu cinéaste, qui a de toute évidence trouvé un sujet en or pour son premier long métrage.

Une scène du film Mad Dog & The Butcher : Les derniers vilains.
Photo courtoisie
Une scène du film Mad Dog & The Butcher : Les derniers vilains.

Un film pour le peuple

Sacré meilleur premier film au FCVQ, son documentaire a aussi reçu le prix du public au Festival international du cinéma francophone en Acadie.

« Ce que je voulais semble se concrétiser, soit de faire un documentaire qui va plaire au peuple, un film qui soit accessible et touchant », explique le réalisateur, qui a suivi Paul Vachon et sa femme Dee sur une période de presque cinq ans.

Les nostalgiques reverront notamment des idoles d’enfance comme le Géant Ferré, que Hulk Hogan avait projeté au sol pour un million de dollars dans la WWF. « Moi, je l’avais fait pour 2000 $ », rappelle le Butcher.

Si la lutte y occupe une place centrale, Thomas Rinfret voit néanmoins Les derniers vilains comme un film de famille et d’amour. L’œuvre se déploie comme un conte construit autour des souvenirs du Butcher, qui sont parfois magnifiés au point de tordre gaiement la vérité.

Thomas Rinfret et Paul Vachon.
Photo Didier Debusschère
Thomas Rinfret et Paul Vachon.

Vrai ou faux ?

« Je ne voulais pas départager le vrai et le faux », mentionne Thomas Rinfret.

Un exemple : Vachon raconte qu’à ses débuts, dans le rôle du vilain Russe Nikolaï Zolotoff, il a perdu contre un charismatique lutteur noir qui avait hérité du soutien d’une foule majoritairement blanche du sud des États-Unis.

« C’est ce combat qui a brisé la ségrégation dans le Texas et dans une bonne partie de l’Amérique. C’est pas des histoires que je vous conte », jure l’ex-lutteur dans une scène du film.

Qui a envie de le contredire ?


► Mad Dog & The Butcher : Les derniers vilains prend l’affiche le 6 décembre.