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«Chaakapesh»: un film «d’action» et de réconciliation

«Chaakapesh»: un film «d’action» et de réconciliation
Joël Lemay / Agence QMI

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MONTRÉAL – La tournée de l’opéra «Chaakapesh», heureuse initiative menée par maestro Kent Nagano et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), est immortalisée dans un documentaire du même titre coréalisé par Roger Frappier et Justin Kingsley. 

Après s’être rendue dans le Nord-du-Québec, en septembre dernier, pour présenter l’œuvre chantée en innu, cri et inuktitut à différentes communautés autochtones, l’équipe expose le fruit de son inspirante collaboration musicale. 

Une voie à suivre 

En visionnant le film, on comprend inévitablement l’importance que revêt la réconciliation avec les Autochtones. 

«On entend beaucoup parler de réconciliation, mais pour moi, c’est un film d’action parce qu’on a de vrais leaders qui agissent, a laissé savoir Justin Kingsley lors de la conférence de presse organisée mercredi. Au lieu d’en parler, on montre. Ce qu’on a fait, c’est la plus belle sorte de collaboration avec toutes les personnes qui ont participé. [...] C’est [un parcours] à imiter pour que d’autres gens suivent nos traces pour en faire d’autres, qu’on passe aux gestes.» 

Car au-delà de la musique qui habite «Chaakapesh», on parle de sujets sensibles comme la réconciliation, l’enfance difficile et le taux de suicide dans les communautés autochtones. Les nombreux intervenants (on pense au chanteur Florent Vollant) ont su bonifier le projet. 

«L’ouverture s’est faite parce que c’était dans le prolongement de "Chaakapesh", a expliqué Roger Frappier. La population écoutait l’opéra dans sa propre langue. C’est une chose à laquelle on ne pense pas, mais pour eux, c’était véritablement un événement.» 

«On a fait le documentaire comme dans les grandes années de l’Office national du film: on est parti avec une idée et on n’a pas écrit le film avant de le tourner alors que maintenant, on demande aux gens d’écrire le documentaire avant, a ajouté le coréalisateur et producteur. Avec la liberté de maestro Kent Nagano et de l’Orchestre, on avait la liberté de tourner tout ce qu’on voulait, c’est ce qui a mené à la dimension très organique de ce film.» 

Riche en émotions 

La troupe de l’OSM a tenu à réellement s’investir dans l’initiative et pas seulement à donner corps à cet opéra sur scène. 

«Pour nous, le concept de réconciliation était présent dès le début, a confié Marc Wieser, l’instigateur du projet. On s’est posé une question: c’est quoi notre rôle dans ce grand mouvement de réconciliation et comment peut-on poser des actions? On n’est que des musiciens, des artistes. Notre rôle, c’était d’être un médium pour le partage et l’échange. On avait ce pouvoir-là.» 

«Chaakapesh» a été un condensé d’émotions pour les spectateurs, mais aussi pour les artisans du film. Kent Nagano d’ailleurs a qualifié cette expérience d’«inoubliable» et de «profondément émouvante». 

«C’est une chose d’écouter de la musique, mais c’est autre chose de faire de la musique ensemble, a-t-il détaillé. C’est ce qu’on a fait pendant l’expérience de "Chaakapesh". Ce n’était pas que l’OSM en train de jouer de la musique pour un public, que des compositeurs à avoir de formidables idées; tout le monde était confronté à une situation où il faut faire des choses ensemble.» 

  • Le documentaire «Chaakapesh» prend l’affiche le 13 décembre.