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Le flambeau : du Forum au Centre Bell

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 La dernière fois que tous les capitaines vivants du Canadien ont été présentés aux fans de l’équipe, c’est lors de la fermeture du Forum. Le 11 mars 1996.   

 Si vous voulez mesurer la grandeur de cette dynastie, sachez que c’est le grand Émile Bouchard qui avait allumé la torche dans le vestiaire de l’équipe.  

 Puis, Bouchard, en entrant sur la patinoire, avait transmis le flambeau à Maurice « Rocket » Richard qui l’avait passé à Jean Béliveau, puis à Henri Richard, à Yvan Cournoyer qui l’avait passé à Serge Savard, ensuite à Bob Gainey qui l’avait donné à Guy Carbonneau...  

 « Carbo » jouait pour les Stars de Dallas ce soir-là. Les dirigeants de l’équipe avaient laissé Gainey et « Carbo » endosser leur chandail du Canadien.  

 Et c’est finalement Pierre Turgeon, un magnifique marqueur de 100 points par saison, qui avait reçu la mission d’apporter la flamme au Centre Molson.  

 Il ne manquait que Chris Chelios, qui n’avait pu se dégager pour venir au Forum, ainsi que Kirk Muller et Mike Keane, qui avaient connu de brefs séjours comme capitaines.  

 J’avais écrit le scénario de la cérémonie et je suis encore ému quand je revois les images de cette soirée magique.  

 UNE LIGNÉE QUI RÉTRÉCIT  

 Je reprends donc. Bouchard, Richard, Béliveau, Richard encore, Cournoyer, Savard, Gainey, Carbonneau...  

 Tous des membres en règle du Temple de la renommée. Tous de grands joueurs plus grands que nature.  

 Tempus fugit, dit-on à Ottawa. Les trois premiers capitaines, parmi les plus grands de l’histoire, sont morts.  

 Henri Richard est malade. Cournoyer, Savard, Gainey et Carbonneau demeurent des hommes en bonne forme qui ont noué une relation inaltérable avec le grand Canadien. Celui qui lui a succédé, c’est une autre histoire.   

 Ces grands capitaines représentent ce qu’était le Canadien de Montréal pour les Québécois. Une organisation grandiose qui gagnait là où le peuple se faisait écraser. Le « Rocket » vengeait le monde ordinaire, Béliveau inspirait les gens, « Butch » Bouchard rageait de voir les Canadiens français marcher le dos voûté. Ils étaient des personnages colorés et fiers.   

 UNE RUPTURE  

 Hier soir, on a retrouvé les capitaines qui se sont succédé au Centre Molson devenu Centre Bell. Certains ont été de grands personnages.  

 Vincent Damphousse est resté très impliqué dans les médias québécois et vit au Québec. Saku Koivu a été un drôle de capitaine. Il a dû porter sur ses épaules trop frêles une équipe essoufflée et en perte de vitesse. Mais sa bataille contre le cancer et son implication dans la communauté ne seront pas oubliées.  

 Va-t-on se rappeler que Brian Gionta fut le capitaine du Canadien de Montréal ?  

 Max Pacioretty aurait voulu être davantage aimé. Il fut un capitaine digne et sérieux. Mais on l’a sorti de Montréal manu militari, comme on dit à Toronto.  

 Reste Shea Weber. Je présume que c’est un bon capitaine.  

 Mais je souhaite bonne chance à celui qui va écrire le scénario de la fermeture du Centre Bell. Peut-être que dans cette lointaine époque, la société va se reconnaître parfaitement dans cette file de capitaines unilingues anglais.  

 Bonjour-Hi...