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Pharmaceutiques: une centaine d’emplois en péril au Québec

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Trois compagnies pharmaceutiques vendant des médicaments génériques craignent de devoir fermer leurs portes si Québec limite les ristournes aux pharmaciens, a appris notre Bureau d’enquête.

Au total, une centaine d’emplois seraient menacés si Québec va de l’avant avec des modifications apportées dans le cadre de l’étude du projet de loi 31 visant à élargir les pouvoirs des pharmaciens.

La semaine dernière, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a ajouté un amendement pour que les montants admissibles aux allocations professionnelles, aussi appelées ristournes, versées aux pharmaciens pour les produits non inscrits à la liste de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) soient plafonnés à 15 %.

Ces produits pharmaceutiques sont uniquement remboursés par les assureurs privés.

«Cet amendement, présenté sans aucun avertissement et sans aucune consultation préalable, entraînera fort probablement la fermeture à court terme de compagnies pharmaceutiques québécoises et la mise à pied de leurs nombreux employés à Boucherville, Saint-Lambert et Varennes», soulignent trois dirigeants de ces entreprises pharmaceutiques qui ont cosigné une lettre dont notre Bureau d’enquête a obtenu copie.

Les entreprises Pharmapar, Angita Pharma et Nora Pharma dépendent de ce modèle d’affaires qui agit hors RAMQ.

Forte ristourne

Les trois entreprises qui signent la lettre vendent des molécules semblables, mais qui ne sont pas sur la liste de la RAMQ. Elles peuvent ainsi donner des ristournes allant de 35 % à 40 % aux pharmaciens. Il n’y a toutefois aucune limite.

La missive qui a été envoyée à la ministre McCann et au premier ministre François Legault soutient que ce changement aux allocations professionnelles «privera les pharmaciens du Québec de sommes importantes, s’élevant à des dizaines de millions de dollars par année.»

Le projet de loi exclut cependant une liste de médicaments qui permet à toutes les entreprises d’échapper à un plafond. C’est le cas du zopiclone, du escitalophram et des dérivés du Viagra.

Les trois compagnies pharmaceutiques demandent ainsi à la ministre de retirer l’amendement qui, selon eux, répond seulement «aux demandes de multinationales».

La décision de Québec pourrait également représenter des pertes de revenus importantes pour les pharmaciens propriétaires.