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Accident mortel à Sainte-Martine: un drame qui suscite des questions

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SAINTE-MARTINE | L’accident qui a fauché mercredi la vie à deux jeunes à Sainte-Martine, en Montérégie, continue de susciter de nombreuses réactio ns, tant dans cette municipalité qu’à Québec. 

Ghislaine Demers – qui a dû se rendre à l’hôpital mercredi soir pour identifier l’une des victimes, Anaïs Primeau, la fille de son amie – a accepté de raconter à TVA Nouvelles cette dure épreuve qui ébranle toute la communauté. 

«Je suis déchirée, sa mère, c’est mon amie. Voyons, ça ne se peut pas, c’est un rêve! C’est inexplicable», a-t-elle confié, avec émotions. 

Anaïs Primeau, 16 ans, et Samuel, 19 ans, formaient un couple depuis un an quand ils ont trouvé la mort injustement. 

«Ils avaient une belle petite complicité. Moi, je les taquinais quand ils faisaient à manger ensemble, je leur disais qu’ils étaient mon petit couple quétaine! Je les trouvais "cute ". Ils aimaient rire, ils aimaient être ensemble. C’est ça qui était beau. Le bonheur était facile», s’est remémorée Mme Demers. 

Appelée à identifier l’adolescente à l’hôpital, elle en garde un sentiment de plénitude, malgré la douleur. 

«Quand je l’ai vu à l’hôpital sur la civière, pour moi, c’est comme si elle dormait et qu’elle était bien. C’est là que je me suis dit : ''ok, pars en paix ma belle, pars en paix''», a-t-elle ajouté avec beaucoup de force. 

Pour la mère d’Anaïs, cette épreuve est une deuxième particulièrement difficile: celle-ci a perdu son conjoint d’un cancer, il y a cinq ans. 

Selon les premières informations, l'accident s'est produit lorsque la voiture conduite par Samuel a dévié de sa voie pour une raison inconnue, percutant de plein fouet un autre véhicule qui arrivait en sens inverse, peu avant 19 h 30. 

Grièvement blessés, les jeunes ont été transportés dans un centre hospitalier, où leur décès a été constaté. 

Le conducteur de l'autre véhicule s'est en tiré avec des blessures qui ne mettent pas sa vie en danger. 

 

 

Conditions routières en cause? 

La chaussée était glacée au moment de l'impact, mais les reconstitutionnistes de la Sûreté du Québec (SQ) devront mener leur enquête afin de déterminer si les conditions routières ont pu jouer un rôle dans cet accident.

La route 138 avait fait parler d'elle il y a quelques semaines à peine lors d'une autre collision frontale survenue sur le territoire de Mercier.

Le 14 octobre, deux personnes avaient perdu la vie dans une collision plutôt mystérieuse, puisqu’aucune trace de freinage n'avait été relevée sur la chaussée. 

Une troisième personne avait succombé à ses blessures près d'une semaine plus tard.

Des accidents se produisent régulièrement sur ce tronçon routier rural grandement fréquenté, où la vitesse est fixée à 90 km/h. 

Une opération policière visant à sensibiliser les automobilistes en les invitant à réduire leur vitesse s'était d'ailleurs tenue à Mercier et à Sainte-Martine à la mi-novembre.

La mairesse se questionne 

La mairesse de la municipalité, Maude Laberge, a publié un message sur sa page Facebook, demandant une meilleure sécurité sur ce tronçon qui passe au travers la municipalité. 

«Cet accident, un de plus et un de trop, nous a enlevé deux de nos jeunes que nous chérissions. Nous connaissons ces familles qui ont ce matin le cœur en miettes. Nous connaissons ceux et celles qui devront affronter la perte de leur enfant, de leur frère ou de leur sœur, de leur neveu et de leur nièce, de leur ami-e... Ce drame a des noms et des visages. Cette nouvelle, n'en est pas une de fait divers. Et nous avons besoin de compassion. [...] Est-ce que l'abrasif a été mis rapidement et en quantité suffisante? Est-ce que les accotements ont été bien déneigés? Est-ce qu'une haie brise-vent aurait amélioré les conditions routières? Ces questions sont adressées au MTQ puisque cette route est sous leur responsabilité», a-t-elle demandé. 

Le ministre des Transports réagit 

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a réagi jeudi matin à la suite de l’accident en offrant d’abord ses condoléances les plus sincères aux proches et familles des victimes. 

«J’ai demandé à mon sous-ministre de me faire un rapport complet le plus rapidement possible des accidents des 24 derniers mois pour prendre des décisions dans les prochaines semaines sur ce qu’on pourrait faire rapidement pour sécuriser cette portion de la 138», a-t-il indiqué.