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Du petit écran à la galerie d’art pour la costumière Jennifer Miville

La costumière réputée Jennifer Miville expose ses toiles à Québec

L’artiste peintre Miville devant une de ses toiles en lin de huit pieds.
Photo Jean-Francois Desgagnés L’artiste peintre Miville devant une de ses toiles en lin de huit pieds.

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Si sa créativité a jusqu’à présent servi le petit écran, la costumière Jennifer Miville est aussi une artiste peintre accomplie qui suscite l’intérêt des collectionneurs depuis quelques années. Originaire du Bas-du-Fleuve, diplômée du Conservatoire d’art dramatique, elle expose ses œuvres pour la toute première fois à Québec.  

Miville a habillé bon nombre de personnages de séries populaires comme Ruptures, District 31, L’auberge du chien noir, 30 vies, en plus d’avoir travaillé pour des théâtres comme le Trident, La Bordée, La Licorne. 

«La peinture est venue bien avant cette carrière-là», explique-t-elle au milieu de la galerie Alexandre Motulsky-Falardeau, quelques heures avant son vernissage, jeudi. 

S’identifiant à l’automatisme et à l’expressionnisme abstrait, Miville est considérée comme une artiste émergente, mais elle peint depuis toujours et son corpus d’œuvres homogène résulte d’une démarche aboutie.  

Après avoir étudié au cégep de Sainte-Foy en arts, elle s’est retrouvée, durant une période de réflexion, dans des ateliers parascolaires du cégep Garneau en costumes et en maquillage de scène. Puis, après avoir fait le Conservatoire, elle a enchaîné les contrats comme costumière et scénographe.  

«Je n’ai jamais arrêté de peindre, mais c’est au cours des dernières années que ça s’est plus développé, surtout depuis que j’ai eu un enfant», raconte-t-elle.  

Inspiration architecturale 

Les œuvres rassemblées sous le titre DOMUS ont été inspirées par l’habitation et l’architecture.
Photo Jean-Francois Desgagnés
Les œuvres rassemblées sous le titre DOMUS ont été inspirées par l’habitation et l’architecture.

Miville a déjà quelques expositions à son actif, autant à Montréal qu’aux États-Unis. 

Alors que sa relation avec sa fille de dix ans était au cœur de sa série précédente, cette fois-ci, elle s’est laissé porter par le thème de l’habitation, qui lui permet d’explorer la géométrie.  

«C’est super significatif, parce qu’en ce moment, on est sans domicile fixe, dit celle qui partage sa vie avec l’animateur et comédien Marc Labrèche. On est en plein déménagement, les meubles sont à l’entrepôt. On espère avoir la maison pour Noël. Dernièrement, on a beaucoup regardé de plans de maisons, on aime tous les deux l’architecture, alors c’est venu naturellement.» 

Ce manque de repères, cette ère de changement déstabilisante qui l’habite a nourri ce geste instinctif qu’on décèle dans ses toiles. 

«Quand je peins, j’y mets tout mon corps et mes tripes. C’est émotif», dit celle qui chérit la liberté que lui apporte l’abstraction. 

Une chaise symbolique 

La forme d’une chaise est récurrente sur ses toiles. « C’est comme le symbole d’une envie de se déposer », explique-t-elle. 

Miville peint ses grands formats sur du coton et du lin, leur conférant ainsi un aspect très brut, minimaliste.  

Miville atteint une belle harmonie grâce à des couleurs qu’elle crée elle-même.
Photo Jean-Francois Desgagnés
Miville atteint une belle harmonie grâce à des couleurs qu’elle crée elle-même.

Dans une harmonie de couleurs balancée, les formes sont déconstruites, tout en gardant le mouvement. L’inspiration des maîtres Tàpies, Franz Kline, Francine Simonin et Rita Letendre transparaît dans son œuvre. 

Aujourd’hui, Miville semble épanouie grâce au temps qu’elle partage entre la peinture et la télé. « Un nourrit l’autre. L’hiver, je peins, l’été, je fais de la télé.  

Et la télé me permet d’investir dans la peinture aussi. Je ne ferais plus de la télé à l’année, faire des 150 jours de tournage en ligne. Aujourd’hui, je choisis plus. » 

♦ L’exposition DOMUS est en place jusqu’au 5 janvier à la galerie Alexandre Motulsky-Falardeau, située au 1, côte Dinan, à Québec.