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Fraude: ils se font passer pour le tribunal

Fraude: ils se font passer pour le tribunal
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Après s’être fait passer pour des employés de banques ou des représentants de Revenu Canada, des fraudeurs utilisent maintenant l’identité des tribunaux afin de soutirer les informations personnelles de leurs proies.  

« La cour ne contacte jamais par téléphone les citoyens ni pour demander des informations personnelles ni pour demander de l’argent», explique la porte-parole des tribunaux Caroline St-Pierre.   

Depuis ce matin, tant la Cour d’appel que la Cour suprême sont inondées d’appels de citoyens inquiets, qui disent avoir reçu des appels semblant provenir d’un tribunal. Une personne ou une voix robotisée leur explique qu’ils font face à des poursuites.    

Et que pour régler le dossier, ils doivent verser une somme d’argent, ou encore fournir des informations personnelles telles que le numéro d’assurance sociale. Plusieurs personnes, sous l’effet du stress, auraient obtempéré, croyant à tort qu’il s’agissait d’appels légitimes.   

«Le tribunal a reçu des appels de citoyens qui habitent de partout au Canada, pas juste au Québec», explique Mme St-Pierre.   

Une plainte a été déposée à la Sûreté du Québec afin qu’une enquête soit menée.   

Un fléau   

Ce n’est pas la première fois que des fraudeurs se font passer pour d’autres. On n’a qu’à penser à ceux qui ciblent des aînés en leur faisant croire qu’un petit-fils est en prison et qu’il a besoin d’argent pour payer une caution.   

Il y a aussi les fraudes à la loterie, qui font croire à un gros gain qui nécessite toutefois le paiement d’un montant, prétendument dans le but de s’acquitter de frais administratifs.   

Dans tous ces cas, la personne qui paye ou qui divulgue ses informations personnelles ne reçoit pas un rond. Dans le meilleur des cas, elle perd de l’argent, mais dans les pires cas, la victime se fait voler son identité, si bien qu’elle doit ensuite dépenser temps et argent afin de régulariser sa situation.   

«Le fléau est tel que les citoyens ont développé un sentiment de résignation face à l’inévitabilité que ça va leur arriver un jour», avait d’ailleurs commenté un juge de la Cour du Québec en octobre dernier, tout en déplorant que le vol d’identité soit devenu un fléau qui dépasse «tout ce qu’on aurait pu imaginer». Juste après, l’on apprenait que tous les membres particuliers de Desjardins s’étaient fait voler leurs informations personnelles.