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Groupe Capitales Médias: Fitzgibbon promet de ne pas se venger de Desjardins

Le ministre assure que les avantages fiscaux consentis à CRCD sont là pour rester

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon
Photo Simon Clark Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon

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Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui refuse toujours de s’excuser envers Sylvie Lalande, promet de ne pas se venger si jamais Desjardins maintient sa décision de ne pas soutenir la relance des quotidiens régionaux de Groupe Capitales Médias.

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Éclaboussée par les apparences de conflit d’intérêts soulevées par M. Fitzgibbon, la présidente du conseil de Groupe TVA et vice-présidente du conseil de Québecor, Sylvie Lalande, a démissionné mercredi de la présidence du conseil de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD).

Une autre démission

Chantal Bélanger, une autre administratrice de Québecor qui occupait aussi la vice-présidence du conseil de CRCD a posé le même geste que Mme Lalande. Dans un communiqué, CRCD a dit avoir «pris acte» de ces deux démissions, jeudi.

Mme Lalande a justifié son départ en expliquant que la «menace à peine voilée» lancée par le premier ministre François Legault de « réexaminer » les avantages fiscaux dont bénéficie CRCD l’avait mise dans une position «inconfortable».

«M. Legault a tout simplement dit qu’on les revisite de temps en temps», a nuancé M. Fitzgibbon, jeudi matin.

«Je peux vous confirmer aujourd’hui qu’il n’y aura pas de retaliation [NDLR : vengeance], a-t-il continué. Peu importe la décision que Desjardins va prendre, d’investir ou non [dans GCM], (cela) n’aura aucune influence sur comment on regarde les crédits d’impôts.»

Pas question de s’excuser

Faute d’avoir obtenu les excuses réclamées la semaine dernière dans une mise en demeure, Mme Lalande a annoncé du même coup mercredi qu’elle poursuivrait le ministre de l’Économie en diffamation.

À son arrivée au caucus caquiste, M. Fitzgibbon a indiqué qu'il n’est toujours pas question de s’excuser.

D’avis que son questionnement sur l’apparence de conflit d’intérêts dans le cas de Mme Lalande était légitime, M. Fitzgibbon écarte d’ores et déjà la possibilité d’une entente hors cour.

«Le fait qu’elle siège sur le conseil de Québecor et sur le conseil du fonds Desjardins, c’était une question légitime, a-t-il répété. Je suis désolé qu’elle ait senti qu’il y ait eu atteinte à sa réputation.»

Les oppositions réagissent 

Lors de la période des questions, le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, a lui aussi reproché au premier ministre d’avoir menacé de revoir les crédits d’impôts consentis à CRCD.

«C'est une chose de faire des menaces auprès de Desjardins, mais qu'est-ce qu'on fait si ça ne fonctionne pas», a soulevé M. Arcand.

«Hier, une femme intègre, respectée dans le milieu et que je connais bien, Mme Sylvie Lalande, a dû démissionner de son poste suite aux accusations cavalières du ministre de l'Économie», a regretté le chef libéral par intérim.

Invité à réagir, le chef parlementaire péquiste Pascal Bérubé a indiqué que la poursuite en diffamation que Mme Lalande veut intenter lui apparait tout sauf « frivole ».

«Ce que M. Fitzgibbon a fait, c'est plus qu'une opinion. Il a porté un jugement qui porte atteinte à l'intégrité de Mme Lalande. Il ne l'a pas fait au Salon bleu, il ne l'a pas fait au Salon rouge ni en commission parlementaire. Donc, il s'exposait à une réplique», a dit M. Bérubé.

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