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Le policier accusé avait la sécurité à cœur

Il n’a pas commis d’acte criminel, assure la défense

Le policier accusé avait la sécurité à cœur
Photo Chantal Poirier

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Le policier de Longueuil accusé d’abus de confiance n’a posé aucun geste criminel lorsqu’il a copié 2400 fichiers « très secrets », a plaidé la défense jeudi, arguant que l’agent n’avait aucune intention de vendre le tout au crime organisé.

« Marc-Olivier Perron n’a pas agi frauduleusement, il n’avait pas de dessein caché », a martelé Me Ariane Bergeron St-Onge, qui défend l’accusé avec Me Audray Julien-Béland.

Lors de sa plaidoirie finale, qui a duré 50 minutes jeudi, la criminaliste a soutenu que l’agent de 36 ans « croyait honnêtement et sincèrement » qu’il pouvait utiliser l’ordinateur d’une supérieure hiérarchique, le 17 mars 2016, dans les locaux du Bureau d’analyse et de renseignement criminel (BARC).

Perron « a peut-être poussé le bouchon un peu loin » lorsqu’il a copié sur un support USB 2400 fichiers sensibles, mais c’était seulement parce qu’il avait la sécurité du BARC à cœur, a affirmé Ariane Bergeron St-Onge.

Ses gestes ne constituaient pas un crime, a répété la défense, puisque sa seule intention était de démontrer une énième faille dans la sécurité du BARC du Service de police de l’agglomération de Longueuil.

Aucune mauvaise intention

Quant à la prétention de la Couronne, qui allègue que les informations « très secrètes » auxquelles Perron a accédé auraient pu être vendues au crime organisé : « c’est absolument faux, il n’y a aucune preuve qui supporte cette prétention », a insisté l’avocate.

De plus, « aucun item téléchargé ne concerne l’identité des sources », a souligné la défense, invitant le jury de cinq femmes et sept hommes à ne pas faire « d’amalgames tendancieux » et à être « extrêmement prudent ».

Perron est dans la dernière ligne droite de son procès pour utilisation frauduleuse d’un ordinateur et abus de confiance, au palais de justice de Longueuil.

La Couronne fera sa plaidoirie finale ce matin. Les 12 jurés seront séquestrés en début de semaine prochaine, jusqu’à ce qu’ils en arrivent à un verdict unanime.

« Ce qui est dangereux dans ce procès, c’est qu’on se sert du criminel pour faire [du] disciplinaire », a conclu la défense, invitant le jury à acquitter Perron.