/opinion/columnists
Navigation

Trudeau se brûle en faisant son spectacle

Capture d'écran Justin Trudeau
Capture d'écran Le New York Times (États-Unis) a réservé une grande place à l’incident, comme bien d’autres médias couvrant l’actualité internationale.

Coup d'oeil sur cet article

Justin Trudeau s’en est allé au sommet de l’OTAN de Londres avec l’objectif de faire le moins de vague possible. Il en ressort avec, sur les bras, un incident diplomatique à gérer.  

• À lire aussi: Trudeau se met encore le pied dans la bouche 

• À lire aussi: Une affaire qui fait le tour du monde 

Tout était plus calme, pourtant, sur le front des relations canado-américaines depuis plusieurs mois. Les tensions qui ont culminé au sommet du G7 de Charlevoix, en juin 2018, étaient presque oubliées.  

Souvenons-nous des insultes que l’administration Trump, intempestive et imprévisible, a fait pleuvoir, à l’époque, sur notre premier ministre. 

Déjà vu  

Autre réunion internationale, autre dénouement en queue de poisson entre les deux voisins et partenaires.   

En clôture du G7, Justin Trudeau avait osé critiquer les tarifs américains, en pleine guerre commerciale entre les deux pays. Ses commentaires lui ont valu de se faire traiter de «malhonnête et faible» par le président Trump.

Un de ses acolytes avait même réservé un siège en enfer à notre premier ministre.  

Après l’accrochage, tous s’étaient rangés derrière M. Trudeau, qui ne faisait que défendre nos intérêts, après tout.  

Cette fois, la classe politique et beaucoup de Canadiens sont moins indulgents envers le chef libéral. Sans doute parce que Justin Trudeau s’est mis les pieds dans les plats par sa faute, encore une fois.  

On se souvient encore du désastreux voyage en Inde, et du séjour sur l’île privée de l’Aga Khan. Ajoutons à cela l’affaire SNC-Lavalin et l’histoire du blackface, en plus des militants autochtones, dont M. Trudeau s’est moqué lors d’une collecte de fonds du Parti libéral du Canada.  

Spectacle  

Justin Trudeau s’est fait prendre à se moquer, cette fois, de l’homme le plus puissant de la planète. Il n’était pas seul à participer à la rigolade aux dépens de Donald Trump. Les plus hauts représentants de la France, du Royaume-Uni, et des Pays-Bas, se trouvaient à ses côtés.  

Capture d'écran Justin Trudeau
Capture d'écran

Sur la séquence vidéo, la voix de Justin Trudeau est particulièrement audible.   

Cette séquence n’a pas été captée par l’appareil anonyme d’un individu plus ou moins bien intentionné. Mais par la caméra des médias chargés d’enregistrer des images officielles.  

Bref, Justin Trudeau a fait son spectacle, a voulu amuser la galerie, et s’est fait prendre.  

Vexé, Donald Trump a traité son voisin canadien de visage à deux faces, avant de quitter brusquement la capitale anglaise.  

Ce nouvel accrochage survient au moment où le Canada attend impatiemment la ratification par les Américains d’un important traité économique.  

L’ALÉNA 2.0 a été durement négocié l’an dernier. Les pourparlers ont pourri les relations canado-américaines pendant des mois, jusqu’à l’éclatement survenu au G7.  

Se tirer dans le pied  

Après sa défaite électorale, Justin Trudeau avait promis, le cœur sur la main, de faire preuve d’une plus grande humilité.  

Il a même refusé de se déguiser pour l’Halloween, échaudé par l’affaire du blackface en campagne électorale.   

Une affaire qui est revenue le hanter, hier, ici comme au sud de la frontière. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, y faisait allusion lorsqu’il a affirmé que le premier ministre n’agit pas toujours de la même façon en public et en privé. Un des fils de Donald Trump y a aussi fait référence, en donnant raison à son père de traiter son homologue canadien d’hypocrite.  

Capture d'écran Justin Trudeau
Capture d'écran

Tous les grands médias américains ont rapporté l’accrochage diplomatique Trudeau-Trump à l’OTAN. Il y a fort à parier que le président se souviendra de cette humiliation.  

Jusqu’à présent, Justin Trudeau a reçu les éloges de biens des Canadiens pour sa gestion de la filière américaine.  

Il a réussi au fil du temps à normaliser sa relation épineuse, complexe, délicate, avec Donald Trump.  

À Londres, le premier ministre a compliqué, par sa propre faute, ce lien fragile. Les Canadiens aussi s’en souviendront.