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Attentat de la Polytechnique: commémorer pour ne pas oublier. Ne pas oublier pour mieux agir

GEN-ILLUMINATION POUR LES 14 FEMMES DE LA POLYTECHNIQUE ASSASSINÉES
Dario Ayala / Agence QMI

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Aujourd’hui, nous marquons les 30 ans de la tuerie de la Polytechnique, enfin reconnue pour ce qu’elle était : un attentat antiféministe.   

Quatorze jeunes femmes – treize étudiantes et une employée de l’université -, étaient tombées sous les balles d’un tueur qui, dans sa propre lettre de suicide , avait écrit vouloir «envoyer Ad Patres les féministes qui m’ont toujours gâché la vie». Difficile d’être plus clair.  

Ma chronique de ce matin, Pour sortir enfin du déni, explique en quoi cette reconnaissance du réel est majeure. Aujourd’hui, je pense qu’il est aussi important de rappeler que l’attentat de la Polytechnique, comme tous les attentats, fut également une véritable bombe à fragmentation.  

En plus des morts et des blessés qu’il fait de sa propre main, le tueur tue aussi de l’intérieur tous ceux et celles qui aimaient les victimes, dont leurs familles, bien sûr, en tout premier lieu. Il blesse profondément une société tout entière.   

Il faut saluer l’extrême courage et dignité de ces familles qui, année après année depuis le 6 décembre 1989, nous rappellent par leur présence la tragédie de la Polytechnique et ce faisant, la nécessité de combattre plus activement toutes les formes de violence contre les femmes et les filles.  

En cette 30e année, les commémorations se font plus importantes encore. Ici, saluons aussi la classe politique. Laquelle, c’est indéniable, s’est montrée à la hauteur de ce moment solennel.  

La plus touchante fut l’émouvante cérémonie tenue hier à l’Assemblée nationale en hommage aux quatorze femmes tuées le 6 décembre 1989 . Tuées parce qu’elles étaient des femmes qui prenaient leur place dans une faculté où elles ne comptaient encore que pour 17% des étudiants.  

Avec raison, le premier ministre François Legault, tout comme les chefs des partis d’opposition, nous ont tous appelés à un devoir essentiel de mémoire.  

Aujourd’hui même, plusieurs événements spéciaux auront également lieu.   

En fin d’après-midi, à 17h00, sur le Mont-Royal, un rassemblement réunissant citoyens, familles et leaders politiques est prévu en hommage aux victimes de la Polytechnique : «Les citoyens sont également conviés sur le mont Royal, qui s'illuminera de 14 faisceaux lumineux créés par Moment Factory, pour souligner cette journée. Chaque faisceau s'illuminera à quelques secondes d'intervalle du précédent, en mémoire de chaque victime. Une minute de silence sera également observée et la cérémonie se conclura par les chants d'un chœur. À travers le pays, 14 autres universités canadiennes allumeront également un faisceau lumineux en l’honneur des 30 ans de commémoration.»  

Pour le Québec, toutes ces cérémonies sont des moments très importants de rituel. Par respect pour les victimes et leurs familles, mais aussi pour nous amener à réfléchir, individuellement et collectivement, à ce que nous pouvons faire de plus et de mieux pour contrer toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles.   

Prenons ce moment pour le faire.