/news/society
Navigation

HoMa: en mode survie, un itinérant montréalais se construit un abri étonnant

Coup d'oeil sur cet article

Des personnes qui vivent dans l’itinérance et qui refusent de bénéficier de l’aide des refuges ont érigé leur propre campement dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Le journaliste de TVA Nouvelles Yves Poirier est allé à la rencontre de l’un de ces «campeurs», vendredi.

D’entrée de jeu, Jean-François, 41 ans, s’excuse pour l’allure délabrée de sa modeste résidence, qui se trouve sur un terrain vacant près de la rue Hochelaga.

«Excusez l’extérieur, c’est que ça décourage les gens à venir fouiller dans mes affaires», a-t-il dit en marchant sur le site où se trouvent plusieurs autres installations de fortune.

Jean-François a déjà passé quatre hivers à cet endroit. Petite radio à batteries, poêle à bois et ensemble à fondue lui permettent de passer le temps tout en restant au chaud.

«Je m’organise! Et là, comme il fait beau, je m’en allais fermer ma toiture au complet», a-t-il dit-il en montrant le travail déjà amorcé avec quelques bardeaux d’aluminium.

Très soucieux de la sécurité, il affirme ne jamais s’endormir avec le foyer en fonction. «Jamais que je ne m’endors avec le foyer. J’ai un petit chauffage exprès d’appoint que j’installe pour le camping.»

Il doit aller chercher de l’eau quotidiennement pour préparer sa nourriture, faire son café. «Je me fais mon café, je me fais à manger ici, je survis», a-t-il indiqué.

Non aux refuges

Jean-François explique ne pas vouloir aller dans les refuges pour plusieurs raisons: il a un chien, ce que les ressources n’acceptent généralement pas, sauf certaines.

Il n’est donc pas question pour lui de profiter de l’hébergement permanent ou même des 150 lits offerts de façon temporaire, pour la saison froide, dans l’ancien Hôpital Royal-Victoria, sur le flanc du mont Royal.

«Je suis un gars solitaire, je n’aime pas être en groupe, j’ai peur des punaises, j’ai peur de la gale, de me faire voler, je suis bien comme ça», a-t-il assuré.

«Il y a une place qu’ils nous endurent sur Ontario. Moi je suis un gars de bois, j’ai été à la chasse et à la pêche pendant des années. J’ai vécu dans le bas du fleuve, je m’organise quand même assez bien!»