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Le cauchemar de Jonathan Roberge

Le cauchemar de Jonathan Roberge
Photo tirée de Facebook, Jonathan Roberge

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Hier, dans les couloirs de QUB Radio, j’ai croisé l’humoriste Jonathan Roberge qui était dans une tournée d’entrevues. Spontanément, mes collègues et moi, même si on ne le connaissait pas personnellement, on l’a serré dans nos bras. C’est que Roberge, qui habituellement nous fait rire, nous fait pleurer depuis qu’on a appris que son fils Xavier, 10 ans, s’est fait enlever une tumeur cancéreuse au cerveau.  

Je regardais Jonathan Roberge, solide malgré l’épreuve, et je me demandais comment des langues sales avaient pu croire deux secondes qu’il se servait de la maladie de son fils... pour mousser la vente de billets pour son spectacle.   

LE PAPA DE SON FISTON  

Après avoir d’abord pensé annuler son premier spectacle solo, Jonathan Roberge s’est ravisé et a décidé de maintenir son one man show Bisou, qui aura lieu en novembre 2020 (en rodage dès le mois de mai).   

C’était une façon formidable de dire à son fils : « Moi je n’abandonne pas, toi non plus, n’abandonne pas. On va de l’avant, on se retrousse les manches ».   

Cette semaine, Jonathan Roberge a confié à mon collègue Raphaël Gendron-Martin : « S’il y a des langues sales qui disent que j’ai parlé de ça [la maladie de son fils] pour faire pitié avant de sortir mon show, je leur réponds que c’est la pire idée de marketing au monde. (...) Je dis aux gens de ne pas acheter des billets parce que mon gars est malade, mais plutôt parce qu’ils m’ont trouvé drôle dans Contrat d’gars, Fiston ou Papa ».  

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Il faut vraiment être un idiot fini, un sans-cœur sans cervelle pour penser deux secondes qu’un papa qui vit le pire cauchemar de sa vie pourrait se frotter les mains et « flairer la bonne affaire » en tentant d’exploiter la maladie de son enfant.   

Pensez-vous sérieusement qu’un cœur de père peut trouver le début du commencement d’un « bénéfice » à la maladie de son enfant ?   

Grâce aux médias sociaux (que j’appelle maintenant les « merdias » sociaux), on sait que la population compte un pourcentage plus ou moins élevé de cabochons, toujours prêts à juger avec malice le comportement de leur prochain. Mais il y a des limites à salir les gens.   

Si Jonathan Roberge avait été vendeur d’assurance ou gérant de caisse populaire au lieu d’être humoriste, qui lui aurait reproché de continuer à travailler tout en parlant de la maladie de son fils ?   

Et puis, Xavier fait déjà partie de la vie professionnelle de son père : c’est lui qui joue le rôle du fils dans la websérie Papa, de Jonathan Roberge, sur TVA.ca !   

LA LOTERIE DE LA VIE  

En rentrant chez moi hier, j’ai serré mon fils très fort dans mes bras. Il a 11 ans, un an de plus que Xavier. Je ne peux pas imaginer, à la loterie de la vie, vivre le même cauchemar que Jonathan Roberge. Je ne le souhaite à personne.   

Les langues sales qui pensent croche devraient plutôt faire un don à Sainte-Justine, pour qu’on puisse continuer la recherche sur les maladies infantiles.   

Par contre, la maladie qui affecte les crétins qui voient le mal partout, je ne pense pas qu’on va un jour y trouver un remède.   

 

Sophie Durocher anime On n'est pas obligé d'être d'accord de midi à 13h sur QUB radio: