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Moins de garçons à l’université

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Au Québec, les garçons sont proportionnellement toujours moins nombreux à accéder à l’université et à y être diplômés, une situation « très préoccupante » selon le Conseil supérieur de l’éducation qui tire la sonnette d’alarme.

« Il y a une prise de conscience à faire. Les chiffres sont extrêmement parlants. On voit vraiment que l’écart se creuse », a affirmé au Journal la présidente du Conseil, Maryse Lassonde.

Dans un avis sur la formation universitaire qui vient d’être rendu public, l’organisme chargé de conseiller le gouvernement en matière d’éducation se penche sur les nombreuses disparités en matière d’accès aux études universitaires et réclame la création d’un vaste chantier sur le sujet.

L’écart entre les hommes et les femmes à ce chapitre n’a cessé d’augmenter depuis le milieu des années 80, passant de 2,3 points de pourcentage à 19 points en 2017-2018.

Par ailleurs, le taux de réussite au baccalauréat est plus élevé chez les femmes (82 %) que chez les hommes (76 %). Cette tendance « est très préoccupante », peut-on lire dans l’avis.

La situation ne concerne pas seulement le réseau universitaire, rappelle Mme Lassonde. « Le problème est vraiment en amont : on a la même situation au secondaire, au cégep, et ça culmine au niveau universitaire », souligne-t-elle.

D’autres disparités

Depuis déjà près de 20 ans, le Conseil mène des travaux à ce chapitre pour tenter de comprendre le phénomène.

« Le seul facteur qui en est ressorti est que les filles aiment plus l’école que les garçons. Alors c’est peut-être parce que l’école n’est pas adaptée aux garçons, affirme Mme Lassonde. C’est la seule explication que l’on peut mettre de l’avant. »

Le Conseil est aussi préoccupé par d’autres disparités entourant la formation universitaire.

Même si le niveau de diplomation des hommes est inférieur à celui des femmes, leur salaire demeure toutefois supérieur, puisque les femmes ont moins tendance à opter pour des études en sciences, en génie et en informatique, note toutefois le Conseil.

Par ailleurs, l’accès à l’université varie considérablement selon le type d’école secondaire fréquentée.

Pour enrayer ces nombreuses iniquités, le Conseil recommande la création d’un groupe de travail composé d’experts et d’acteurs du milieu afin de développer des pistes d’action.