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Je l’avoue. Il y a des matins où j’ai envie de fermer mon ordi à la lecture des actualités qui ne contiennent que des malheurs anciens recyclés selon les réalités de cette époque maudite. 

Comment nier que nous sommes dans une période qu’il faut bien appeler décadente ? Progressivement, les repères s’estompent, les croyances sont remplacées par des émotions fugaces, le bien et le mal sont confondus selon le point de vue de chacun et les plus faibles servent d’enjeux sociaux et politiques aux ingénieurs technocrates de la mondialisation d’où l’être humain est exclu. 

Hier, deux cents chercheurs et professionnels de la santé dénonçaient dans La Presse la déshumanisation de notre système de santé qui, depuis des décennies et à l’initiative des libéraux, est géré selon un modèle industriel. Un système qui impose aux soignants une culture du silence avec comme conséquence l’obligation de loyauté non pas d’abord à l’endroit des patients et bénéficiaires, mais des gestionnaires tout puissants et déconnectés d’une approche humanitaire. En résumé, la gestion du système s’applique aux humains comme aux carrosseries d’une chaîne de montage. C’est le triomphe du quantitatif sur le qualitatif. 

Déracinement 

Comment une petite société comme la nôtre peut-elle être déracinée de la sorte sinon en se soumettant et en s’enfonçant dans la diversion avec les réseaux sociaux ? 

Mince consolation, le Québec est la seule province où le taux de satisfaction du gouvernement est aussi élevé. Chez les francophones, il atteint 70 %. C’est donc dire à quel point est grande la responsabilité du gouvernement de François Legault, qui doit faire perdurer ce sentiment populaire.  

Car les Québécois n’ont de cesse d’être déçus par les gouvernements précédents. François Legault est certes le premier à intuitionner que le peuple qu’il dirige ne peut vivre uniquement dans la déception. Autrement dit, le premier ministre doit envisager la « détechnocratisation » des institutions gouvernementales, le service de santé au premier chef. 

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Actes sordides 

Chaque jour nous apporte aussi son lot de faits divers des plus choquants aux plus sordides. Qui eût cru que lors d’un acte de rage au volant, un conducteur tirerait à bout portant sur un camionneur en train de circuler ? Et que penser de tous ces pédophiles, dont d’anciens policiers et entraîneurs sportifs, qui sévissent encore et toujours ? Jusqu’à un père pédophile à qui le tribunal confie de nouveau son enfant dont il avait déjà abusé ? 

La nature humaine est incorrigible. Dans notre monde d’incivilité, de bons parents doublent illégalement des cars scolaires à l’arrêt. Et que dire des enfants maltraités par des parents indignes ? Le Québec de la DPJ n’a-t-il pas trop longtemps traité ces derniers en victimes ? Or, à force de vouloir comprendre les agresseurs, on finit par les justifier. 

Le Québec est rempli de gens courageux et discrets qui sont clairement en porte à faux avec les dérives de personnes qui ne respectent aucune règle et qui imposent leur vision réductrice et marginale de la vie sociale. Comme si l’avenir n’appartenait qu’aux brutes.