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Bodh’aktan: «Nous sommes des éternels ados»

Bodh'aktan
Photo courtoisie, Alexis Bourdages Chabot

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 L’album de la maturité peut bien attendre. Toujours aussi festif et ancré dans son univers «trad-punk-rock-celtique», le collectif Bodh’aktan refuse de vieillir même avec huit albums au compteur.  

Lors d’une entrevue qu’ils nous avaient accordée, en 2016, en marge de la sortie d’un disque éponyme, Alexandre Richard et Luc Bourgeois avaient affirmé haut et fort qu’ils n’avaient pas enregistré l’album de la maturité. Leur réponse à l’époque : «On fait encore ados attardés.»   

 Avance rapide en novembre 2019. Nouvel album, De temps et de vents, même question. La réponse cette fois? Presque identique.   

 «On est des éternels ados», lance Alexandre Richard en se tortillant sur le divan du restaurant-bar de l’hôtel de la basse-ville de Québec où le même duo de musiciens en provenance du collectif de flibustiers a donné rendez-vous au Journal.   

 «C’est quand même un album accompli, précise rapidement le parolier du groupe. On sait où on s’en va avec notre son. Des albums, on en a chié au cours des dernières années. Quand je les vois tous alignés au comptoir de la merch, je comprends pourquoi je commence à grisonner.»   

 Enregistrer dans la van  

 S’ils ont toujours le pied marin musical, en témoignent des titres comme L’appel du large et Le dernier bateau, les membres de Bodh’aktan le doivent effectivement à leur capacité à travailler sans relâche et partout où ils le peuvent.   

 Par exemple, plusieurs des chansons de De temps et de vents sont le résultat de quarts de travail accomplis pendant leur dernière tournée européenne.   

 «Il y a des chœurs sur la chanson Capitaine Deux-Cennes [premier extrait de l’album] qui ont été faits dans la van, sur l’autoroute, avec un micro qui n’attrapait pas trop de bruit. Le plus gros du mixage a été fait entre les villes, sur la route. On arrangeait ça avec nos écouteurs sur les oreilles», raconte Alexandre Richard.   

 Gérer la fête   

 C’est connu de leurs plus fervents admirateurs, la musique de Bodh’aktan donne soif. Leurs concerts constituent un lieu de défoulement notoire où l’alcool coule à flots.   

 Ça tombe bien, les sept membres du groupe ont le coude léger et ça ne changera pas de sitôt, comme ils le prédisent dans la chanson Tant qu’il y aura du rhum.   

 Il reste que s’il y a un endroit où la maturité s’impose, c’est dans la gestion des occasions de faire la fête. Durant le rythme effréné des tournées, la modération est de mise, même si leur image de fêtards les condamne à cumuler les invitations.   

 «Il y a des gens qui sont contents de nous recevoir et qui prévoient des trucs. C’est un peu délicat [de leur dire non] parce que tu ne veux pas les décevoir. Mais la vraie vie nous rattrape. Quand il faut que tu te lèves à cinq heures le lendemain matin pour te rendre à la ville suivante...», soumet Luc Bourgeois.   

 Heureusement, il existe ce qu’on appelle les journées de congé. «Elles, elles sont dangereuses», s’exclame Alexandre Richard.   

 De vrais ados, quoi!    

 ♦ De temps et de vents est sur le marché depuis le 29 novembre. Bodh’aktan sera en concert au bar Le D’Auteuil, à Québec, le 4 avril prochain.