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«L’Annexe» de Catherine Mavrikakis: pèlerinage dans l’univers d’Anne Frank

Catherine Mavrikakis
Photo courtoisie, Sandra Lachance Catherine Mavrikakis

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Entraînant le lecteur dans une intrigue fascinante, la talentueuse Catherine Mavrikakis mêle suspense, histoire et culture dans son nouveau roman, L’Annexe. Elle y fait référence à la maison d’Amsterdam où Anne Frank et sa famille trouvèrent refuge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Anna, son héroïne, est une espionne. Quand elle n’est pas en mission à Londres, Tripoli ou Tel-Aviv, elle retourne à Amsterdam, dans l’annexe secrète où Anne Frank et sa famille ont tenté d’échapper aux horreurs du régime nazi.

C’est aussi là que la jeune fille écrivit le journal intime qui la fit devenir, après sa mort, une figure emblématique de la Shoah.

Lors d’une de ses visites, Anna réalise qu’elle est suivie. Et ce n’est pas long que l’organisation pour laquelle elle œuvre la transporte dans une auberge bizarre qui est en fait une maison de protection. Elle ne sait pas où elle se trouve, mais quelqu’un prend soin d’elle : Celestino.

Cet homme coloré la prend sous son aile, et Anna apprend à découvrir ses goûts littéraires. Cependant, cette nouvelle maison devient une nouvelle annexe secrète, et le danger la guette.

«Je voulais montrer comment on peut tirer parti d’un enfermement», explique l’écrivaine, en entrevue.

«Anne Frank est devenue écrivaine à ce moment-là. Mon personnage d’Anna, qu’allait-il lui arriver durant son enfermement? J’ai pensé qu’elle allait se libérer des fantômes du passé.»

Figure de résistance

Catherine Mavrikakis aime beaucoup Anne Frank et la lit depuis qu’elle est enfant. Elle est pour elle une figure de résistance et de ténacité.

L’écrivaine mont­réa­laise a visité plusieurs fois l’Annexe, à Amsterdam, et c’est même là qu’elle a eu l’idée du roman.

«Nous, on passe à toute vitesse, puis on sort. Eux, ils étaient huit dans un tout petit espace. Anne Frank collait des images de stars sur ses murs et s’est permis de rêver dans un lieu où il n’y avait aucune possibilité de rêver. Ça, je trouve ça extrêmement touchant.»

L’écrivaine confie qu’elle n’est pas à l’aise avec les lieux clos. «Quand on écrit, il y a un moment d’enfermement où l’on n’est pas seulement enfermé physiquement, mais on est aussi enfermé dans notre tête, pour finir un projet. Il y a un rapport à l’enfermement qui est nécessaire pour créer, mais en même temps, j’ai toujours peur d’y rester, de ne pas pouvoir en sortir. Je suis très claustrophobe.»

Elle ajoute que sa mère a vécu la Deuxième­­­ Guerre mondiale et avait quatre ans de plus qu’Anne Frank.

«Ma mère a été en Normandie, leur appartement fut réquisitionné, la moitié de la maison appartenait aux Allemands. Elle a vécu l’Occupation. Il y avait la guerre juste à côté d’eux et elle était là, le jour du Débarquement. Très bizarrement, elle a passé sa vie enfermée dans sa maison. Elle est arrivée au Québec, mais ne sortait presque jamais.»

  • Catherine Mavrikakis est née à Chicago et vit à Montréal.
  • Elle a publié plusieurs romans, dont Oscar de Profundis, La ballade­­­ d’Ali Baba, Les derniers jours de Smokey Nelson et Le ciel de Bay City.
  • Ses livres sont traduits dans plusieurs­­­ langues.
  • Elle a reçu plusieurs prix, dont le Prix des libraires, le Prix littéraire des collégiens et le Grand Prix de la Ville de Montréal.
L’Annexe, Catherine Mavrikakis, Éditions Héliotrope, 244 pages
Photo courtoisie
L’Annexe, Catherine Mavrikakis, Éditions Héliotrope, 244 pages