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Retour vers le passé

La belle époque
Photo courtoisie, MK2/ MILE END

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Avec son second long métrage, La belle époque, le comédien et réalisateur français Nicolas Bedos propose une comédie dramatique romanesque qui s’interroge sur le temps qui passe et notre rapport à la nostalgie. 

Imaginez si vous aviez la chance de voyager dans le temps pour plonger (ou replonger) dans l’époque de votre choix. C’est à partir de cette idée originale que Nicolas Bedos (Monsieur et Madame Adelman) a imaginé le scénario son nouveau film, La belle époque.

Daniel Auteuil dans le film <i>La belle époque</i>.
Photo courtoisie, MK2/ MILE END
Daniel Auteuil dans le film La belle époque.

La belle époque suit le quotidien de Victor (Daniel Auteuil), un sexagénaire désabusé qui mène une vie monotone aux côtés de sa femme (Fanny Ardant), qui, manifestement, ne l’aime plus. Son existence sera bouleversée le jour où son fils lui offrira la chance de vivre une expérience hors du commun : plonger dans l’époque de son choix grâce à une entreprise qui se spécialise dans l’organisation de soirées thématiques, mélangeant reconstitution historique et artifices théâtraux. Victor choisira de revivre la semaine la plus marquante, celle où il a rencontré la femme de sa vie, 40 ans plus tôt. 

« Le sujet du film est la nostalgie, mais ce n’est pas le propos du film », souligne d’entrée de jeu le réalisateur Nicolas Bedos lors d’un entretien téléphonique accordé au Journal en septembre dernier. 

« Pour moi, ce n’est pas un film nostalgique. C’est un film qui raconte l’envie d’un personnage de retrouver l’amour. Et cet amour, il était dans le passé. C’est donc un personnage qui va dans le passé pour retrouver le goût du présent. Je ne voulais surtout pas faire un film qui se recroqueville dans la nostalgie. »

Le vertige de la technologie

Le réalisateur Nicolas Bedos
Photo courtoisie, MK2/ MILE END
Le réalisateur Nicolas Bedos

Selon Nicolas Bedos (qui est le fils de l’humoriste Guy Bedos), La belle époque parle davantage du présent que du passé. Ainsi, comme plusieurs personnes de sa génération, le héros du film est dépassé par les nouvelles technologies qui prennent une place omniprésente dans sa vie et dans celle de son couple (sa femme est accroc aux écrans). 

« J’avais envie de parler du vertige de certaines personnes par rapport au changement de société », explique Bedos. 

« Les gens qui voient le film me parlent d’ailleurs beaucoup de cela, même des jeunes de 30 ans. On a tous un rapport ambivalent avec le changement de société dans lequel nous sommes. On profite des nouvelles technologies, et on aime cela. Sauf qu’en même temps, on est un peu intoxiqués. Je ne suis pas vieux (39 ans), mais j’ai quand même connu l’époque où j’achetais mes journaux au kiosque et où j’attendais dans une file au cinéma en lisant un bouquin. Cette époque semble lointaine aujourd’hui, mais c’était il y a seulement 15 ans ! »

Le titre du film ne manque pas d’ironie. En effet, Nicolas Bedos se plaît à rappeler que la belle époque pour certains n’est pas nécessairement la même que pour d’autres.

« La belle époque, c’est une expression qu’on dit souvent, mais qui n’a pas la même signification pour tout le monde, observe Bedos. Les gens des années 1970 trouvaient que la belle époque était les années 1930. Et les gens des années 1930 disaient que la belle époque était le début du siècle. Je pense qu’on est toujours à la mauvaise époque de quelqu’un ! C’est toujours plus facile d’aimer les souvenirs que d’aimer le présent. C’est rare qu’on se dise : ah, tiens, ce moment-ci sera un beau souvenir. Ça arrive pendant les vacances, par exemple. Mais c’est très rare. Le présent est souvent plus difficile à apprécier parce qu’il est rempli de doutes. »

La belle époque prend l’affiche vendredi.