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Une irrésistible ascension

Geneviève Schmidt
Photo Chantal Poirier Geneviève Schmidt

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Geneviève Schmidt se décrit comme une travaillante. Sa feuille de route des dernières années en témoigne. C’est quand elle ajoute le terme réservée qu’on sourcille. Comment une actrice aussi expressive devant l’objectif et volubile en entrevue peut-elle prétendre être « gênée » de nature ?

Les premiers signes d’une timidité passée émergent après une vingtaine de minutes de conversation, au moment d’expliquer les raisons pour lesquelles elle hésitait – auparavant – à accorder des interviews. « J’avais peur d’être une saveur du mois, affirme-t-elle. Dans ma tête, je n’étais pas assez intéressante pour faire des affaires de même. »

Et pourtant, son parcours n’a rien de banal. Son enfance passée au Théâtre des Cascades (que possédaient ses parents) à regarder chacune des pièces en coulisses (« J’y ai appris la musicalité des répliques comiques »), son renvoi du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse (« J’étais un peu trop su’l party »), son expérience comme régisseuse pour Serge Boucher et René-Richard Cyr, sa sortie de l’École nationale de théâtre à 30 ans... Les sujets d’intérêt abondent.

« Je m’assume plus aujourd’hui », souligne la comédienne en sirotant son Bloody Caesar au Midway, une chic taverne du Quartier des spectacles de Montréal qu’elle aime fréquenter. « Chaque année, je travaille de plus en plus. Les gens veulent me connaître. C’est correct. »

L’impact de District 31

Geneviève Schmidt a monopolisé nos petits et grands écrans en 2019, résultat d’un blitz de tournages de 160 jours consécutifs remontant à 2018. D’Unité 9 aux Sapiens, en passant par Ruptures, L’Échappée et Menteur, la comédienne s’est illustrée dans chaque projet. Et malgré un rôle secondaire dans Menteur, aux côtés de Louis-Jousé Houde et d’Antoine Bertrand, c’est d’elle dont tout le monde parlait en sortant du cinéma l’été dernier.

C’est toutefois en jouant Nancy Riopelle dans District 31 que Geneviève Schmidt a atteint un nouveau sommet de popularité. Depuis septembre, elle enrage, émeut et divertit plus de 1,7 million de téléspectateurs chaque jour en défendant un personnage de mère éplorée (?) qui veut venger sa fille décédée.

En entrevue, la comédienne de 41 ans affirme n’avoir jamais perçu Nancy Riopelle comme « la méchante de service », quand l’auteur Luc Dionne l’a contactée pour savoir ce qu’elle faisait cet automne. « Oui, elle fait du mal aux gens. Oui, elle fume, elle boit, pis elle sacre. Mais c’est pas tout noir ou tout blanc. C’est une fille blessée. Et pour avoir des réponses, elle prend les choses en main.

« Je sais que ben des amies actrices me trouvent chanceuse d’avoir un rôle de même. C’est un beau cadeau. »

Pas trop pour elle

Geneviève Schmidt ne peut pas révéler si Nancy Riopelle sera de retour dans District 31 en janvier. Chose certaine, elle continuera de semer l’émoi au poste au cours des deux prochaines semaines. Et conséquemment, elle continuera de susciter de vives réactions sur Facebook. « Les gens disent qu’ils aiment me détester. Ça veut dire que je fais une bonne job ! »

Geneviève Schmidt aime recevoir des commentaires des téléspectateurs... même ceux qui l’abordent en criant sa fameuse réplique des Beaux malaises de 2014 : « C’est trop pour moi ! »

« J’me suis déjà sauvée d’un ticket à cause des Beaux malaises, relate l’actrice en riant ! Le policier m’avait dit : “Si j’te donne une contravention, ça risque d’être trop pour toi, hein ?” »

En 2020

L’an prochain, Geneviève Schmidt jouera dans La maison bleue, une nouvelle comédie à saveur politique de Ricardo Trogi sur ICI Tou.tv Extra. Elle apparaîtra également dans La vie compliquée de Léa Olivier, une adaptation des romans jeunesse de Catherine Girard-Audet sur Club illico. Enfin, elle figurera au générique du film Mon cirque à moi, de Miryam Bouchard (M’entends-tu ?), aux côtés de Patrick Huard et de Sophie Lorain.

« Je ne suis pas une carriériste, insiste la nouvelle coqueluche des plateaux. Mon but, ce n’est pas de faire 12 séries en 2 ans. Mon but, c’est d’être à mon affaire pour donner raison aux gens qui m’engagent. Parce que je veux jouer jusqu’à 65 ans. Minimum. »


District 31 se poursuit jusqu’au 19 décembre sur ICI Télé.