/opinion/columnists
Navigation

En apparence

Coup d'oeil sur cet article

Fier de sa victoire dans Jean-Talon, le premier ministre Legault continue de flotter sur des nuages en annonçant qu’il accélérera la cadence en 2020 parce que les Québécois veulent du changement. Pourtant, la différence tarde à se faire sentir après une année de législation !

Quant aux libéraux, ils se comportent comme des aventuriers à la recherche d’un nationalisme perdu qu’ils auront peine à endosser sans déplaire à leur clientèle anglophone. Qualifié de parti naturel de pouvoir, personne ne semble appréhender sa possible disparition. Cependant, le PLQ aura fort à faire pour reconquérir le terrain abandonné alors qu’il semble réduit au terreau du défunt Parti égalité de Robert Liebman.

Quant à Québec solidaire, il bouscule, car ce serait dans son ADN, selon Manon Massé. Loin du pragmatisme, le parti ressemble à la mouche du coche qui excite l’attelage, mais qui ne pourra jamais en prendre les commandes.

Malgré les déboires et les crises existentialistes, le chef intérimaire péquiste ne désespère pas de voir son parti reprendre les rênes du pouvoir quand le nationalisme de la CAQ se sera essoufflé face au front commun du ROC.

Bilan pauvre

Le gouvernement caquiste jouit d’une conjoncture économique favorable qui lui a permis de grandes largesses dans la redistribution des surplus et de s’éviter une hargne durable autour de ses mauvais choix ou de ses promesses rompues. Les libéraux avaient, au contraire, cultivé la colère avec leur intransigeance budgétaire et leur gestion austère.

Plutôt amateurs dans l’enceinte parlementaire, les caquistes soignent bien les apparences en continuant de scander leurs mantras sur la fierté nationaliste, l’économie forte, l’éducation comme priorité et l’incarnation du changement. 

Leur nationalisme, s’apparentant plus à l’ère Duplessis qu’à celle de Daniel Johnson, a cependant produit deux lois adoptées sous le bâillon, dont celle sur la laïcité de l’État qui résistera mal aux tribunaux canadiens. 

Quant à l’immigration, au-delà des reculs sur les PEQ, nous retrouvons un niveau record de travailleurs étrangers temporaires qui rend saugrenus les seuils fixés par le gouvernement.

La dernière réunion des premiers ministres provinciaux ne laisse guère d’espoir à François Legault de trouver des alliés pour ses ambitions nationalistes et économiques. Il y a fort à parier que le Québec sera éventuellement tassé dans le coin pour satisfaire l’Ouest.

Quant à l’éducation, les actions gouvernementales, y incluant les maternelles 4 ans et le projet de loi sur la gouvernance des commissions scolaires, n’augurent rien de bon pour la réduction du taux record de décrochage et l’accroissement du taux de diplomation.

Le casse-pipe

Les chances de succès du premier ministre Legault dans ses revendications aux composantes du ROC sont très faibles. Le multiculturalisme quasi instauré en religion et les appétits pour un oléoduc traversant le territoire québécois n’iront pas en s’amenuisant dans les autres provinces canadiennes. L’aile plus conservatrice de la CAQ pourrait peut-être s’en accommoder, il en sera autrement pour l’aile plus nationaliste issue des migrations péquistes. 

L’histoire donnera-t-elle raison à Pascal Bérubé ?