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La délicate valse du Bloc québécois

Yves-François Blanchet
Photo Courtoisie Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

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Il s’est passé quelque chose de particulier vendredi. Au lendemain du discours du Trône, c’est le Parti conservateur et non le Bloc québécois qui a reproché à Justin Trudeau son silence quant aux demandes du premier ministre Legault pendant la campagne électorale. Et le NPD en a rajouté !

L’impôt unique ? Le troisième lien ? On pourrait penser aux pouvoirs en immigration, la loi 101 pour les entreprises fédérales, l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, le dernier mot pour les évaluations environnementales. Le chef du Bloc québécois lui-même avait qualifié ces demandes de Québec de « claires, légitimes, raisonnables » pendant la campagne.

N’était-ce pas le mandat qu’ont reçu ses 32 députés élus aux Communes ? Or voilà qu’il a choisi d’appuyer le discours du Trône, malgré cet aveuglement volontaire du gouvernement Trudeau face aux priorités du Québec.

Un choix pragmatique

Le chef bloquiste a tout simplement fait preuve de pragmatisme. 

Pourquoi se lancer dans le mélodrame du vote de confiance, sept semaines après l’élection ? Le test de la bonne foi du gouvernement Trudeau viendra bien
assez vite.

Se contenteront-ils de dire que leurs propositions sur les changements climatiques rejoignent certaines promesses de l’opposition ? Ou seront-ils prêts à agir sur les subventions à l’industrie fossile ? Élargiront-ils leur plan pour bonifier les pensions ou donneront-ils un plein droit de retrait au Québec dans l’assurance-médicaments tel que le demande Québec ? 

On verra à l’usage. Objectivement, c’est à ce moment que l’on jugera du sérieux de la démarche du Bloc. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Sur la corde raide...

Déjà, le conflit de travail au CN a illustré le dilemme du Bloc. Alors que Québec réclamait l’intervention d’Ottawa pour freiner la pénurie de propane. Le Bloc québécois se rangeait du côté de travailleurs. Qui représentait les intérêts du Québec dans le dossier ? 

D’autres litiges viendront. Ils seront bien plus périlleux pour le Bloc, qui risque inévitablement de se retrouver coincé entre sa défense des intérêts du Québec, sa loyauté au PQ et les prises de position du gouvernement Legault. 

Mais d’ici là, même en appuyant le discours du Trône, le Bloc a réussi à mettre les autres partis d’opposition sur les dents. Soudainement, conservateurs et néo-démocrates n’ont plus le luxe d’ignorer les consensus québécois.

Car ces premiers jours du 43e Parlement nous ont révélé une chose. Tous les partis préparent déjà la prochaine élection et le Québec y jouera encore une fois un rôle de premier plan.