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Exclusion de la Russie: «Ça ne change pas grand-chose» -Alex Harvey

CCOUNTRY-OLY-2018-PYEONGCHANG
Photo d'archives, AFP Le peloton où l’on retrouve les médaillés russes Alexander Bolshunov et Andrey Larkov sur lesquels reposaient des soupçons de dopage.

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«Sur papier, c’est bien beau, mais au final, si les Russes continuent de compétitionner, ça ne change pas grand-chose. Ils n’ont pas le survêtement aux couleurs de la Russie, mais ce sont quand même des Russes.»  

Alex Harvey avoue ne pas s’emballer de la sanction historique annoncée lundi par l’Agence mondiale antidopage (AMA) d’exclure les athlètes russes pour les quatre prochaines années des Jeux olympiques et des grands championnats.  

Alex Harvey a mal digéré sa quatrième place sur les 50 km aux Jeux de Pyeongchang.
Photo d'archives, Didier Debusschère
Alex Harvey a mal digéré sa quatrième place sur les 50 km aux Jeux de Pyeongchang.

Comme en 2018  

Cette décision lui rappelle le désenchantement vécu à la suite d’une punition similaire qui avait été imposée à la Russie par le Comité international olympique (CIO), le 4 décembre 2017, à deux mois des Jeux olympiques de Pyeongchang. Le CIO avait alors autorisé les athlètes russes, qui remplissaient les conditions d’un comité accrédité, à y participer sous le drapeau olympique.  

Rien n’avait changé, autant au ski de fond que dans les autres sports, selon lui. Porter les couleurs neutres ne les distinguait pas de leurs origines.  

«Cette annonce avait été la bienvenue. Après, on s’est rendu compte que, pour démontrer que des athlètes n’ont jamais été impliqués là-dedans, ça a passé assez facilement. Au final, ça ne changeait pas grand-chose sur le terrain. J’ai l’impression que ça va être pas mal la même chose, sauf que c’est plus long sur quatre ans», croit le Québécois, retraité depuis mars dernier.  

«Après que les Russes eurent gagné la médaille d’or au hockey, ils chantaient l’hymne national russe après leur victoire. Les athlètes qui sont revenus en Russie, Poutine les a traités comme des héros.»  

Pas d’amertume  

L’AMA dit détenir les noms de 145 athlètes suspects liés aux données manipulées par l’agence antidopage russe, mais aussi d’autres au-delà de ce groupe cible. Cette tricherie découverte par l’AMA concerne-t-elle des athlètes ayant participé aux Jeux de 2018?  

«Non, je ne penserais pas », nous répond Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage à l’INRS-Institut Armand-Frappier, quand on lui rappelle la quatrième place de Harvey à l’épreuve de 50 km derrière les Russes Alexander Bolshunov (2e) et Andrey Larkov (3e).  

«Il y a peut-être certains fils qui sont mal attachés et c’est à chaque fédération d’apporter ces cas-là devant le tribunal et d’imposer des sanctions. Malheureusement, ça pourrait toujours arriver, mais il ne faut présumer de rien pour l’instant», ajoute-t-elle.  

«Ça a été de l’amertume durant une couple d’heures et la journée suivant la course, mais après ça, j’ai fait la paix avec ça», assure le double champion du monde.  

«Il reste des doutes là-dessus, mais la médaille pour moi, c’était un objectif pour la motivation de m’entraîner, mais ce n’était pas une fin en soi. Aujourd’hui, que j’aie gagné ou non une médaille, ça n’aurait pas changé vraiment ma vie. Ce qui a changé à ma vie, c’est de m’entraîner pour essayer d’en gagner une et pour apprendre à être le meilleur skieur que je pouvais être. Et ça, j’ai réussi à le faire.»