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Exclusion de la Russie: «ils nous prennent pour des idiots» – Christiane Ayotte

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Photo Martin Alarie Christiane Ayotte

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Dans le choc international qu’a créé lundi l’exclusion de la Russie par l’Agence mondiale antidopage (AMA), une voix scientifique du Québec s’est invitée à la chorale, celle de Christiane Ayotte.

«C’est vraiment scandaleux ce qui s’est passé là, et ils nous prennent pour des idiots que de manipuler des données comme celles-là en pensant qu’on ne s’en rendra pas compte», a déclaré la directrice du laboratoire de contrôle du dopage à l’INRS-Institut Armand-Frappier, lundi matin, à l’émission Dutrizac sur QUB radio.

«Il faut que ça finisse»

«Une décision à la dureté sans précédent», a plus tard qualifié en entrevue avec Le Journal la spécialiste du seul laboratoire au Canada accrédité par l’AMA. Cette punition doit maintenant forcer la Russie à tourner son gouvernail même si, selon elle, «la tâche est certainement lourde de faire tourner un bateau de 60 ans de dopage et l’amener dans la bonne direction».

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Christiane Ayotte à QUB Radio:

«Sérieusement, il faut que ça finisse. C’est probablement le plus gros scandale dans le sport. Il faut que les Russes comprennent et qu’ils arrêtent. Leur propagande est ouverte toute voiles dehors pour accuser les Américains, Rodtchenkov (le lanceur l’alerte et ex-directeur du laboratoire antidopage de Moscou), l’AMA et tout le monde, sauf eux. Mais là, il est temps qu’ils réalisent de se mettre à la besogne. On ne leur demande pas d’être mieux que les autres, on leur demande seulement d’être au même niveau que la communauté internationale», tranche la docteure Ayotte.

Viser le haut de la pyramide

Plusieurs des conséquences liées à la sanction visent les dirigeants politiques et sportifs de la Russie, dont l’interdiction de siéger à des fédérations internationales ou même d’assister à des Jeux olympiques et grands événements. Le coureur spécialiste des épreuves de demi-fond, Charles Philibert-Thiboutot, y voit une bonne façon de s’attaquer à ce scandale «par en haut».

«Aux États-Unis, il y a en a plein de dopés qui se font prendre. On fait juste penser à Justin Gatlin. Dans ce cas, le problème ne vient pas d’en haut, mais d’en bas, soit de l’athlète, de l’entraîneur ou de l’entourage. Ce sont eux qu’on punit», cite en exemple le participant aux Jeux de Rio à l’épreuve de 1500 m.

«Mais le problème en Russie, c’est qu’il vient d’en haut. Il vient des administrateurs infiltrés dans toutes les organisations sportives dans le monde, des employés de l’agence russe antidopage, du gouvernement, etc. Ce bannissement complet, c’est pour essayer de défaire ce système institué depuis des générations. C’est pour ça que c’est une sanction qui fera mal aussi aux athlètes, mais au moins, il y en a qui auront la chance de démontrer qu’ils n’y ont pas participé.»