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Les cellulaires: la nouvelle cible de prédilection des fraudeurs

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Les tentatives de piratage de téléphones cellulaires sont de plus en plus courantes au Québec, remarquent des spécialistes.« J’ai observé une recrudescence ici », affirme l’expert en sécurité informatique Steve Waterhouse.  

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« C’est en forte croissance, parce que [le cellulaire] est le médium de plus en plus utilisé pour communiquer », explique quant à lui Éric Lessard, consultant en sécurité informatique.    

Un phénomène particulièrement inquiétant, selon lui, est l’hameçonnage, qui permet à un pirate d’installer un logiciel espion sur le cellulaire de sa cible.    

« [Le pirate] fait en sorte de t’inciter à cliquer un lien, par exemple un concours, en se faisant passer pour un ami. Tu n’y vois que du feu. »    

« Il existe même des solutions qui te permettent de prendre le contrôle complet de l’appareil, de voir exactement le contenu de l’écran », renchérit M. Lessard.    

D’après l’expert, les voyous qui tentent de pirater les cellulaires ne sont pas nécessairement des génies de l’informatique, car tous les outils pour faire un mauvais coup sont téléchargeables en ligne comme n’importe quel logiciel.    

« Un enfant de 12 ans qui sait lire et qui est le moindrement techno » pourra le faire, assure M. Lessard.    

« Tout le monde est à risque. Tout le monde ! » lance Sophie Thériault, porte-parole de Crypto.Québec, un organisme qui s’intéresse à la vie privée et à la surveillance informatique.    

Voyeurisme et contrôle  

« Il y a des logiciels qui permettent presque de prendre le contrôle total du cellulaire, et ce, sans que son propriétaire ne le sache. Ils permettent même d’effectuer des appels à partir de l’appareil sans laisser de traces, à moins de vérifier son relevé mensuel. »    

Gabriel Tremblay, président de Delve Labs, ajoute que les personnes sont ciblées pour des raisons de voyeurisme ou d’appât du gain.    

« Si le cellulaire de la personne n’est pas à jour et que le malfaiteur a pris le temps de cibler son attaque, dit-il, la personne ne verra rien. »     

Selon Mme Thériault, la majorité des cas d’espionnage par cellulaire répertoriés au Québec sont issus d’événements de violence conjugale. Les logiciels utilisés par les malfaiteurs peuvent être achetés pour une modique somme de quelques centaines de dollars.    

« Les anciens conjoints prennent le contrôle à distance du téléphone de leur ex-flamme et vont fouiller de fond en comble, prévient-elle avec précaution. Ça semble bien simple, mais ça peut faire beaucoup de dommages. »