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«Nelligan»: opéra romantique pour destin tragique

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MONTRÉAL | Nelligan, l'opéra romantique écrit par Michel Tremblay et composé par André Gagnon, sera joué au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) dès janvier, ce qui marquera de belle façon les 30 ans de sa création. 

Dans une mise en scène de Normand Chouinard, 18 artistes actuellement en répétition fouleront les planches dans un mélange de chanson et d'art dramatique, au son des notes de deux pianos et d'un violoncelle. Les quelques tableaux présentés lundi aux médias, évoquant tous le passé trouble du célèbre poète, laissent présager une œuvre poignante. 

Un devoir de transmission 

Parmi les vedettes de cette œuvre qui aidera à revisiter la vie d'Émile Nelligan, interné à 19 ans, on retrouvera le ténor Marc Hervieux, catalyseur de cette relecture et à nouveau interprète transformé en Émile Nelligan, à quelques mois de sa mort. Âgé de plus de 60 ans, le poète est interné, a le dos voûté, les yeux vides, mais le verbe toujours puissant. 

Cette existence, le chanteur avait encore grandement le goût de la partager au public. «Pour moi, il y a un devoir d'histoire, c'est notre histoire. Particulièrement dans un Québec qui est ouvert, qui change... J'ai envie de conter notre histoire aux gens qui arrivent ici comme j'ai envie de connaître leur histoire. Pourquoi on est devenu le peuple qu'on est? C'est parce qu'il y a du monde qui est passé avant nous et qui a créé des affaires, qui s'est retrouvé dans de malheureuses situations comme celle de Nelligan. Ç'a teinté l'histoire.» 

Trente ans plus tard, c'est une recette toute simple qui porte le récit. «Faisons-la la plus sincère possible, en la relisant avec des acteurs qui chantent plutôt que des chanteurs qui jouent, détaille Marc Hervieux. C'est différent par rapport à ce que j'ai fait parce que la priorité des acteurs est différente: c'est le jeu et raconter l'histoire. Pour les chanteurs qui en font partie – comme Dominique Côté qui joue Émile jeune, et moi – , il y a une possibilité de plus.» 

Des émotions nécessaires 

À un peu plus d'un mois de la première, les artistes sont déjà à fleur de peau, très imprégnés de l'univers dans lequel ils sont plongés. Kathleen Fortin, qui incarne la mère d'Émile Nelligan, fait partie du lot. 

Pour elle, il est important de s'intéresser à ce drame, car il y a un côté «très humain» qui ressort de l'œuvre. «Il ne faut pas bouder ce plaisir. Il y a énormément de beauté, de lumière, explique-t-elle. Bien sûr, on ne se tape pas sur les cuisses, il n'y a pas de numéro de claquettes, mais ça reste une histoire très poignante. Je trouve énormément de beauté dans cette souffrance.» 

Le lien direct qu'on peut entretenir avec l'opéra ajoute une dimension universelle. «Ce qui est touchant, c'est que cet opéra est québécois, ajoute-t-elle. Il n'en existe pas sur des rues, des sujets, des gens qu'on connaît. Bien sûr, tout est chanté, mais ça reste très accessible, populaire. Tout le monde peut y trouver son compte.» 

Nelligan reprendra vie sur la scène du TNM à compter du 14 janvier prochain. À la fin février, il prendra la route et sera présenté dans quelques villes du Québec. Pour toutes les dates et les lieux: tnm.qc.ca .