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Pardons présidentiels à l'horizon pour d'anciens collaborateurs de Trump?

Pardons présidentiels à l'horizon pour d'anciens collaborateurs de Trump?
AFP

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Le pouvoir présidentiel d'effacer une offense soulève presque toujours des questions. Si le président prend habituellement la décision définitive, les pardons résultent d'abord d'un processus mené par le département de la Justice. Une pratique dont ne s'embarrasse pas Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir.  

Ces jours-ci, plusieurs rumeurs selon lesquelles le président pourrait accorder des pardons aux six anciens membres de son équipe électorale ou de son administration qui ont été condamnés circulent. Trois noms sont mentionnés dans presque toutes les conversations: Paul Manafort, Michael Flynn et Roger Stone. Des sites comme Fox News ou InfoWars se chargent de la promotion des dossiers des trois hommes.            

Jusqu'à maintenant, le président n'a pas hésité à utiliser son pouvoir tout en lançant un message clair: si vous êtes loyaux ou si vous partagez la vision du président, il volera à votre secours. Récemment, il a utilisé son pouvoir dans le cas de trois criminels de guerre, et ce, malgré l'opposition de dirigeants de l'armée. Nous n’en sommes donc pas à une controverse près.  

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Si Donald Trump devait recourir au pardon pour tirer d'embarras des membres de son ancienne garde rapprochée, il entrerait en terrain inconnu et nous écririons une nouvelle page d'histoire. Un président confronté à une procédure de destitution qui intervient pour sauver des proches impliqués de près ou de loin aux gestes qu'on lui reproche, ce serait inédit. Ne cherchez pas, il n'y a aucun autre cas comparable dans l'histoire des États-Unis. Si on peut raisonnablement avancer que Gerald Ford a perdu une élection en raison du pardon accordé à Richard Nixon, quel serait le sort réservé à Donald Trump?           

Quelques républicains, dont le représentant Steve King, s'inquiètent des retombées politiques d'une décision précipitée du président. Si Donald Trump se maintient dans les sondages et si ses chances d'obtenir un second mandat sont intéressantes, King croit que pour une rare fois le président pourrait frapper un mur. Il lui suggère plutôt de régler d'abord la procédure de destitution et de bien soupeser ses appuis avant de bouger. Au rythme actuel, la procédure de destitution sera terminée avant le début officiel de la campagne présidentielle. Le président devrait donc reporter sa décision.           

Pour l'instant, les démocrates ne croient pas que le président osera recourir à son pouvoir dans les circonstances actuelles, mais ce ne serait pas la première fois que Donald Trump les déjouerait. L'ancien candidat à l'investiture Beto O'Rourke suggérait d'ailleurs qu'on intègre un amendement qui interdirait à des présidents de recourir au pardon pour des individus liés à une enquête qui n'est pas complétée. Vous ne serez pas étonnés d'apprendre qu'il n'y aura pas de suites à cette proposition. Pourtant, ce serait sage et stratégique pour éviter d'autres abus. Plus tard peut-être?