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Aluminium: Legault va interpeller Trudeau vendredi

Aluminium: Legault va interpeller Trudeau vendredi
Photo Simon Clark

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OTTAWA – François Legault profitera d’une rencontre avec Justin Trudeau à Montréal vendredi pour clarifier la question du commerce de l'aluminium prévue dans l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) signé mardi.

«On n'a pas vu de document officiel encore», a souligné M. Legault mercredi soir, en affirmant devoir se baser seulement sur des «échos» pour évaluer le dossier.

Ce dernier a annoncé, en marge d'une mission économique en Californie, qu'il rencontrera Justin Trudeau à la fin de la semaine pour la première fois depuis la réélection du chef libéral.

«Vendredi, je vais poser la question à Justin Trudeau: je veux savoir exactement qu’est-ce qu’on a convenu concernant l’aluminium. C’est important, évidemment, que le secteur de l’aluminium soit inclus dans l’entente puis qu’on recommence, sans aucun tarif, à exporter notre aluminium aux États-Unis», a fait valoir M. Legault.

Le premier ministre n'est pas le seul à réclamer plus de détails dans ce dossier. Plus tôt dans la journée, le Bloc québécois a indiqué qu'il votera contre la ratification de l'ACEUM si des concessions sont faites dans la protection des travailleurs du secteur de l’aluminium.

«Si quelqu’un pense que le Bloc va voter en faveur d’un traité qui sacrifie l’aluminium québécois, ce sera non», a tonné le chef bloquiste Yves-François Blanchet, à peine quelques instants après la signature de la version finale du nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à Mexico.

Déjà, des intervenants du secteur de l’aluminium s’étaient montrés inquiets d’un recul dans les mesures de protection qu’on leur avait promises.

«Il devient très évident que l’aluminium est le laissé-pour-compte dans cette dernière phase des négociations», a indiqué le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, en entrevue avec TVA Nouvelles.

L’ACEUM est venu renforcer les règles d’origine de l’acier et l’aluminium entrant dans la fabrication des voitures, forçant Mexico à faire son approvisionnement dans ces métaux en Amérique du Nord, à hauteur de 70 %.

Or, tant les travailleurs de l’acier et de l’aluminium demandaient à resserrer la définition même de ce qui constitue un produit d’origine. On voulait ainsi empêcher le Mexique de faire entrer en territoire nord-américain des métaux vendus au rabais par la Chine, de les transformer ici et d’ensuite les étiqueter comme provenant de l’Amérique du Nord.

«Les Mexicains ont accepté cette définition pour l’acier, mais la rejetaient pour l’aluminium», a déploré M. Simard.

Pour M. Blanchet, le gouvernement Trudeau a commis l’inacceptable et a franchi une première «ligne rouge» le privant de l’appui du Bloc. Il a invité conservateurs et néo-démocrates à lui emboîter le pas en votant contre la ratification de l’ACEUM.

Le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique ont toutefois dit d’abord vouloir prendre connaissance des détails du texte du nouvel ALÉNA.

N’empêche, le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, n’a pas caché ses inquiétudes, accusant le gouvernement Trudeau d’avoir laissé le Canada se retrouver avec «les pots cassés».

Alexandre Boulerice, du NPD, a souligné qu’une concession au chapitre de l’aluminium équivaudrait à «une deuxième défaite pour le Québec», après les brèches faites à la gestion de l’offre.

Dans les rangs libéraux, on écarte du revers de la main ces accusations et on parle plutôt d’avancées pour le secteur de l’aluminium.

«Il y a un gain net, c’est-à-dire que 70 % de l’aluminium utilisé dans les voitures produites en Amérique du Nord doit provenir de là», a argué le lieutenant québécois Pablo Rodriguez.

La vice-première ministre Chrystia Freeland en a rajouté une couche depuis Mexico.

«Le nouvel ALENA est meilleur pour le secteur de l’aluminium que l’élimination de l’ALENA ou qu’avec l’ancien», a-t-elle renchéri.

- Avec la collaboration d'Émilie Bergeron, Agence QMI, et Marc-André Gagnon, Journal de Québec