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Ces élues inspirantes

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Capture d'écran, TVA Nouvelles On voit le résultat très concret découlant de la force du nombre des femmes dans un Parlement.

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Samedi, en faisant ma marche quotidienne, j’ai croisé un homme qui, à brûle-pourpoint, m’a lancé sa question d’un ton décidé : « La politique, voulez-vous bien me dire, Mme Legault, à quoi ça sert à part de nous mentir en pleine face ? » Ouch ! 

Je lui ai répondu en m’inspirant de Jacques Parizeau. Pour changer les choses, surtout les grandes, aimait-il dire, de la politique, il faut bien en faire un jour. On y trouve certes le pire, ajoutais-je, mais il arrive aussi qu’on y trouve le meilleur. C’est un « tout-inclus », aussi imparfait soit-il. 

Le meilleur, on le trouve dans l’annonce faite hier par la ministre de la Justice Sonia LeBel. Attendue depuis longtemps, une aide de 2,6 millions $ sera enfin offerte dans tout le Québec pour accompagner les victimes de violence sexuelle à travers les méandres du système de justice. 

#MOIAUSSI 

S’inscrivant dans la foulée du mouvement de dénonciation #moiaussi, cette annonce est le fruit d’un trop rare travail transpartisan. La ministre LeBel était entourée des députées Hélène David du PLQ, Véronique Hivon du PQ et Christine Labrie de QS. 

Depuis plusieurs mois, les quatre élues planchent ensemble sur diverses initiatives visant à mieux soutenir les victimes de violence sexuelle ou conjugale face à un système judiciaire qui, trop souvent, manque à son devoir de justice envers elles. 

En ces temps de bilans de fin de session, leur manière concertée d’agir vite et bien pour le mieux-être de ces victimes, dont la vaste majorité sont des femmes, mérite d’être souligné. Sans enlever quoi que ce soit à leurs collègues masculins, l’importante contribution des élues de tous les partis à la création de politiques publiques plus progressistes le mérite tout autant. 

En cela, on voit le résultat très concret découlant de la force du nombre des femmes dans un Parlement. Au scrutin du 1er octobre 2018, 53 femmes sur 125 députés ont été élues à l’Assemblée nationale – un record historique. Depuis, deux autres femmes les ont rejointes, dont la caquiste Joëlle Boutin à la partielle de Jean-Talon. 

FORCE DU NOMBRE  

Cette avancée est majeure. Rappelons que le Québec a longtemps accusé un immense retard en la matière. Avant 1961, l’Assemblée nationale ne comptait aucune élue. De 1961 à 1976, il n’y en avait qu’une seule. Incroyable, mais vrai.  

Comme tant de féministes l’avancent depuis une éternité, la force du nombre est essentielle à la qualité même de la représentation citoyenne dans nos parlements. Elle l’est aussi pour la manière souvent plus collaborative qu’elles ont de faire de la politique. Y compris pour les dossiers plus « sociaux » que plusieurs d’entre elles ont défendus et défendent encore, fort heureusement. 

Résultat : à l’Assemblée nationale, les élues « étoiles » sont nombreuses. La liste étant loin d’être exhaustive, elle comprend entre autres les Marguerite Blais, Danielle McCann, Christine Labrie, Véronique Hivon, Sonia LeBel, Caroline Proulx, Hélène David, Chantal Rouleau, Manon Massé, Jennifer Maccarone, Ruba Ghazal, Marwah Rizqy, Marilyne Picard, etc.    

Leur travail est inspirant. Qui sait, peut-être même inspireront-elles d’autres femmes, toutes générations confondues, à suivre leurs traces.