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Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction

La Ville calcule que les bénéfices du tramway à long terme compensent largement les inconvénients

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction

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Avec la construction du tramway, Québec subira de nombreux changements. La Ville de Québec a présenté mardi les impacts environnementaux, recensés dans une brique de 1200 pages par la firme Aecom. On prévoit des soucis dans la circulation pendant la construction, mais des bénéfices à long terme.  

• À lire aussi: Tramway de Québec: «on n’a pas été bons», admet Régis Labeaume  

358 «acquisitions» en vue     

Quelque 358 acquisitions de terrains ou de parties de terrains sont prévues pour la réalisation du tramway. De ce nombre, 19 propriétés (14 terrains construits et 5 terrains vacants) vont disparaître du paysage. La Ville de Québec reconnaît que ces acquisitions «constituent un des grands enjeux du projet». La municipalité dit privilégier l’approche d’acquisitions de gré à gré, mais n’exclut pas de recourir à l’arme de l’expropriation. La loi récente adoptée par le gouvernement du Québec autorise la Ville à procéder sans possibilité de contestation judiciaire. La Ville de Québec demeure discrète quant à l’emplacement précis des 19 propriétés visées. Elle dit vouloir d’abord rencontrer les propriétaires touchés au début de 2020.     

La Ville veut rentabiliser ses 300 M$     

La Ville de Québec pense rentabiliser son investissement de 300 millions $ pour la construction du réseau structurant de transport d’ici 25 à 30 ans. À cet horizon-là, les taxes foncières générées par les nouvelles constructions permettraient d’éponger l’investissement municipal initial, calcule-t-on. Le mégaprojet coûtera 3,3 milliards $, dont 300 millions $ à la charge de la Ville. Aussi, la municipalité évalue que les bâtiments résidentiels et commerciaux, situés dans une zone de 800 mètres du réseau, enregistreront une hausse relative de valeur comprise entre 3 % et 5 % «au-delà de la valeur moyenne sans la présence du réseau structurant».     

Un deuxième pont?  

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo Google Maps

Dans le cas où on choisirait de construire un nouveau pont sur la rivière Saint-Charles au lieu d’emprunter le pont Drouin, l’impact serait majeur, a noté la firme Aecom. On devrait alors empiéter sur le parc des Naissances et sur le jardin communautaire Sainte-Odile. On évaluera la possibilité de déplacer les arbres du parc et le jardin.     

Un tunnel dans Saint-Roch  

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo courtoisie, Ville de Québec

Le secteur du parc Jean-Paul-L’Allier changera complètement d’allure avec la sortie du tunnel, qui sera située tout près. On verra donc apparaître deux voies de tramway qui s’engouffreront dans un tunnel, ainsi qu’une station disposée de chaque côté.     

Circulation et transport en commun perturbés  

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Les citoyens ressentiront les impacts les plus importants dans la circulation lors de la période de construction. Même le transport collectif sera perturbé, surtout sur les parcours 800 et 801 qui suivent le tracé du tramway.     

Arbres menacés  

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Le secteur du boulevard René-Lévesque est étroit et sensible et pourrait subir des impacts visuels importants en raison de la coupe d’arbres matures, qui sera inévitable. La Ville promet de limiter l’abattage et de replanter plus d’arbres qu’elle en aura coupé.     

Environ 5 ans de chantier  

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo Stevens LeBlanc

Selon les prévisions, la construction débutera en 2022 et le tramway entrera en fonction en 2026. D’après le scénario évoqué au cours des derniers mois, le chantier évoluera d’ouest en est, puisque le garage principal est situé dans le secteur Mendel. Mais hier, le maire a nuancé, précisant que le calendrier des travaux n’est pas fixé à ce stade-ci. Le consortium doit bénéficier d’une marge de manœuvre, sinon les coûts pourraient grimper, dit Régis Labeaume.     

Laurier métamorphosé  

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Actuellement dominé par l’asphalte, le boulevard Laurier sera réaménagé. On ajoutera de la végétation et des aménagements paysagers. Le tramway circulera au centre. On devra exproprier du côté nord et on empiétera du côté sud sur le petit boulevard Laurier pour permettre son insertion.     

Espèces en péril dans des milieux humides?  

Troglodyte à bec court
Photo courtoisie, Gouvernement du Canada
Troglodyte à bec court

Dans le secteur Chaudière, on perdra 8 % de milieux humides, soit 49 500 mètres carrés de terrain. Les pertes seront compensées. Deux espèces protégées pourraient se trouver dans les parages, mais les experts n’ont pas noté de présence pour le moment. Il s’agit du troglodyte à bec court et de la salamandre à quatre orteils.     

Salamandre à quatre orteils
Photo courtoisie, SEPAQ
Salamandre à quatre orteils

Moins de GES à long terme     

Tramway de Québec: des bouleversements en vue pendant la construction
Photo courtoisie, Ville de Québec

La construction du tramway entraînera l’émission de 91 000 tonnes de CO2. Cela est essentiellement causé par le transport de matériaux de construction, le déboisement et l’excavation (tunnels et stations souterraines). Cela dit, la Ville calcule qu’à l’horizon de 2041, l’avènement du tramway permettra d’éviter l’émission de 151 000 tonnes de CO2. Le fait que le tramway et le trambus soient entièrement électriques explique en bonne partie pourquoi le bilan en gaz à effet de serre (GES) sera positif à long terme, insiste l’administration municipale.     

Pour des infrastructures de qualité     

Le consortium chargé de la construction du tramway sera choisi en 2021. Si le gouvernement du Québec accepte la demande de la Ville, ce consortium sera également responsable de l’entretien de l’infrastructure pour les 30 premières années d’opération. Selon Daniel Genest, directeur du projet, cette méthode est usuelle dans les autres grands projets de ce type au pays. Le fait que le consortium soit responsable de l’entretien est un «incitatif» à fournir des infrastructures de qualité, souligne-t-il.