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Crise des médias: des retraités demandent de l'aide aux Desmarais

Crise des médias: des retraités demandent de l'aide aux Desmarais
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Deux cents retraités sur le point de perdre 30 % de leurs économies de retraite ont bravé le froid et la distance hier pour demander à la famille Desmarais, ex-propriétaire des journaux du Groupe Capitales Médias, de leur venir en aide.

Pierre Champagne a travaillé un demi-siècle « jour pour jour » comme journaliste au Soleil de Québec. L’octogénaire est aujourd’hui forcé de vendre son condo en Floride et d’annuler ses autres plans de voyages. Un drame parmi tant d’autres pour les 948 ex-travailleurs du Soleil, de La Tribune et des autres journaux régionaux cédés par Power Corporation à Martin Cauchon en 2015.

« Pendant 50 ans, j’ai cotisé, je mettais une partie de mon salaire dans un fonds de pension pour être capable de vivre correctement à ma retraite. J’ai pris ma retraite et je me fais aujourd’hui voler par des boss multimilliardaires. Je trouve ça spectaculaire, ça prend des host... de dégueulasses pour faire ça à des retraités », fulmine M. Champagne.

Il n’était pas le seul à être hors de lui parmi les sexagénaires, septuagénaires et octogénaires ayant manifesté sous forte surveillance policière devant les bureaux de Power.

« Certains doivent vendre leur maison. C’est sans compter tous ceux qui sont plus mal en point, qui vivent dans des résidences pour aînés ou qui doivent se payer des médicaments non remboursés par le gouvernement, expose le porte-parole des retraités, Pierre Pelchat. Ça fait beaucoup de décisions difficiles. » Il se considère parmi les « chanceux » puisqu’il se verra « seulement » contraint de se défaire de sa voiture.

« Pourquoi La Presse et pas nous? »

Quand Power s’est départi de La Presse l’an dernier, l’entreprise s’est engagée à continuer d’administrer le fonds de retraite des employés du quotidien. Les retraités des journaux cédés au Groupe Capitales Médias aimeraient que l’entreprise fasse preuve de la même générosité avec eux, explique M. Pelchat. 

« Ce n’est peut-être pas une obligation légale, mais c’est certainement une obligation morale de la famille Desmarais », plaide-t-il, rappelant l’importance contribution philanthropique de la famille. 

Mais cela semble être peine perdue. Dans un courriel, Power Corporation affirme « entendre » les préoccupations exprimées par les bénéficiaires des régimes de retraite des quotidiens régionaux. « C’est une situation qui est malheureuse. Cela dit, même avant la transaction de 2015, Power Corporation n’a jamais eu aucune obligation légale eu égard à ces régimes de retraite », affirme le porte-parole Stéphane Lemay. 

Les retraités n’entendent pas en rester là. Si les régimes de pensions sont dissouts le 1er janvier prochain, ils envisagent d’intenter des poursuites contre Power Corporation ou Martin Cauchon.