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À Québec aussi, on rira de 2019

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Lorsque les Montréalais auront bien ri de l’année qui s’achève, ce sera au tour des citoyens de la capitale nationale de se bidonner. 

Après des supplémentaires qui s’étireront jusqu’au 4 janvier, les cinq comédiens de 2019 Revue et corrigée, le cadeau annuel du Théâtre du Rideau vert, déménageront leur fourbi de gags et de talent au Capitole de Québec. Une première ! 

C’est à deux dames bien sages de notre élite théâtrale, Yvette Brind’amour et Mercédez Palomino, qu’on doit cette revue, inspirée des Fridolinades de Gratien Gélinas. C’est à Denise Filiatrault, une autre dame célèbre mais moins sage, qu’on doit d’avoir ressuscité la revue. Depuis 15 ans, elle lui injecte une dose de son inépuisable adrénaline. 

CHAPEAU À NATHALIE LECOMPTE 

Je crois avoir assisté à presque toutes ces revues. Cette année, j’ai vu la plus belle de toutes. Nathalie Lecompte gagnerait sûrement le trophée de la mise en scène au Gala des masques, si on n’avait pas, hélas !, mis fin à la cérémonie.  

Lorsque le rideau se lève et que la scène s’éclaire pour laisser entrer l’ineffable Greta Thunberg dans son catamaran de vaudeville, il n’y a plus de moment de répit. Les numéros se succèdent sans interruption durant plus d’une heure et demie. C’est à peine si on a le temps de se demander comment font les comédiens pour se transformer à la vitesse d’Arturo Brachetti. 

Certaines imitations sont inénarrables. Suzanne Champagne est plus vraie que Theresa May et Marc St-Martin campe un Elton John et un Michel Bergeron qui feraient pouffer de rire l’un et l’autre. Ce faux Michel Bergeron est là pour honorer la mémoire des frères Stastny dont la « statue » orne l’entrée du centre Vidéotron depuis l’été dernier.  

LABEAUME TOUJOURS DE LA PARTIE 

Comme à chaque année depuis qu’il est maire de Québec, Régis Labeaume (Martin Vachon) fait partie du « show ». Cette fois, il discute avec Pierre-Yves McSween (François Parenteau) d’affaires municipales, dont le 3e lien et un hypothétique métro dont le maire prétend qu’il n’a pas besoin puisqu’il a déjà IGA dans sa ville !  

Sylvie Fréchette (Julie Ringuette) revient avec émotion sur sa défaite électorale. De leur côté, dans un dialogue en crescendo qui se termine à la manière de la pub mémorable des Schiller père et fils, des magasins Au Bon Marché, Stephen Harper et Andrew Scheer se livrent à un bref post mortem de la campagne électorale. 

À mi-chemin de la revue, j’ai appris ce que deviendra Radio-Canada, champion de la diversité, en 2025. Comme il y a de fortes chances que District 31 ne soit plus à l’antenne, je vais retenir la parodie qu’en fait toute l’équipe de la revue. Le soir de la première, Luc Dionne fut le premier à en rire. 

Est-ce l’effet d’entraînement d’avoir autour de soi autant de spectateurs tordus de rire ? Est-ce le fait de revoir l’année pastichée par des acteurs qui performent en chair et en os ? Est-ce de constater que la magie qui s’opère devant ses yeux ne doit rien à la technique ou aux effets spéciaux, la revue de l’année du Rideau vert me fait toujours rire davantage que les Bye Bye de Radio-Canada. Ce qui ne m’a jamais empêché de les regarder, il va sans dire.