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La pénurie de pharmaciens fait mal aux CHSLD

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La pénurie de pharmaciens en milieu hospitalier fait mal aux résidents des CHSLD, qui n’ont pas toujours les soins pharmaceutiques requis.

Il manque 284 pharmaciens dans les établissements de santé du Québec, une pénurie qui perdure depuis plus de 15 ans, déplore leur association (APES).

On ne parle pas ici du pharmacien qui travaille au Familiprix du coin, mais plutôt de celui qui œuvre dans les hôpitaux et centres de soins de longue durée publics.

«Il ne manque pas de pharmaciens dans les écoles de pharmacie des facultés, il manque de jeunes pharmaciens qui s’intéressent à la pharmacie d’établissement», lance la directrice générale de l’APES, Linda Vaillant, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. En effet, 73 % des jeunes diplômés choisissent le secteur privé.

Mme Vaillant craint l’essoufflement de ses membres, mais également l’impact sur les soins aux patients, notamment les clientèles vulnérables comme les personnes âgées.

Selon l’enquête annuelle de l’APES, 145 des 372 installations ayant une mission de CHSLD dans les établissements publics n’ont pas de pharmacien affecté aux soins pharmaceutiques.

«Dans 39 % des CHSLD, il n’y a pas de pharmacien du tout en soins. On distribue les pilules, mais il n’y a personne qui s’assoie pour revoir le dossier (des patients)», déplore Mme Vaillant.

Capital

Une intervention pourtant cruciale chez les personnes âgées, qui prennent souvent beaucoup trop de médicaments.

«On a fait une enquête nous-mêmes il y a quelques années, et on arrive à un total de 14 médicaments différents pris par les patients dans les CHSLD. On sait très bien que ces médicaments causent toutes sortes de choses. Il y a des problèmes de chutes, les patients vont tomber parce qu’ils sont étourdis, et c’est possiblement lié à un médicament. [...] Quand il y a un pharmacien qui est là, au CHSLD, il va prendre en charge le patient, il va revoir toute sa médication, tous les effets secondaires que ça cause et va essayer de voir s’il peut retirer des médicaments».

Salaires concurrentiels

Pour contrer cette pénurie de pharmaciens d’établissement, il faut des mesures d’attraction, plaide le président de l’APES, François Paradis.

Les salaires doivent notamment être concurrentiels pour que les étudiants en pharmacie soient tentés par le travail en établissement.

À l’heure actuelle, les jeunes pharmaciens d’établissements gagnent autour de 47 $ l’heure, alors que leurs confrères des pharmacies de quartier touchent 55 $ l’heure en début de carrière.

«On ne demande pas à gagner tellement plus cher, on demande qu’il n’y ait pas d’écart (avec le privé), ajoute Linda Vaillant. À l’entrée, il faudrait que ce soit un petit peu plus élevé pour que, dès le début, on ait tout de suite quelque chose de compétitif. Le jeune qui commence (en milieu hospitalier), il est encore en bas du secteur privé.»