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Le baseball majeur s'invite dans le débat politique

Le baseball majeur s'invite dans le débat politique
AFP

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Lorsque j’explore l’actualité américaine, parfois trois de mes grandes passions se rejoignent : l’histoire, le baseball et la politique. 

Malgré des baisses d’assistance, le baseball demeure un des sports professionnels préférés des Américains. Si les médias s’intéressent souvent plus aux équipes des ligues majeures, de très nombreuses villes américaines vivent encore au rythme des équipes des ligues mineures. Perdre l’équipe locale constitue parfois une perte sentimentale, mais on craint également les contrecoups sur l’économie de la localité.       

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Il y a pour l'instant 42 équipes du baseball affilié qui appréhendent les modifications envisagées par le baseball majeur. Les autorités évoquent la disparition de certaines équipes ainsi qu’un retrait du soutien financier offert pour les équipes restantes. Actuellement, le baseball majeur paie les salaires des joueurs et du personnel alors que l’entretien des terrains, l’équipement et les déplacements relèvent des équipes du baseball mineur.       

Pourquoi envisager de couper les vivres à ces équipes qui doivent trop souvent rivaliser d’imagination pour boucler le budget? Le baseball majeur justifie son approche par un impératif de modernisation du système. Faire disparaître des équipes et diminuer le nombre de joueurs permettrait d’améliorer les conditions des joueurs et des équipes retenues. Aux yeux des dirigeants, on paie trop cher pour un grand nombre de joueurs dont les chances réelles de parvenir au baseball majeur sont trop minces ou inexistantes.        

Déjà des joueurs des ligues mineures remettaient en question la manière dont on les rétribuait. Toujours dans un souci de limiter les dépenses, le baseball majeur ne les payait pas comme des employés réguliers, un statut qui permettait aux propriétaires de ne pas offrir aux joueurs le salaire minimum ou les «heures supplémentaires» comme les camps d’entraînement. La moyenne salariale dans les mineures est de 5000 $ par saison. Plus tôt cette année, un tribunal de la Californie a rendu un jugement qui est favorable aux joueurs .        

Quand on pense baseball, on pense souvent aux salaires démesurés que touchent les joueurs vedettes. Le salaire moyen des professionnels se situe à plus de 4 millions de dollars par année. Le baseball mineur est de toute évidence le parent pauvre ici et peu de voix s’élèvent pour venir en aide aux localités qui envisagent maintenant le pire.       

Les petites localités associées aux 42 équipes menacées ont obtenu un soutien qui peut surprendre. Les candidats Bernie Sanders et Elizabeth Warren ont tour à tour dénoncé la voracité des propriétaires du baseball. Ils considèrent que dans leur quête incessante de profits toujours plus élevés, les dirigeants n’ont que faire des pertes d’emploi ou de la perte d’identité des communautés pour lesquelles le terrain de baseball est un lieu de rassemblement privilégié. Si Warren et Sanders sont des démocrates progressistes qui dénoncent régulièrement les excès du capitalisme, d’autres initiatives bipartisanes se multiplient, indice supplémentaire de l’urgence d’agir.       

La prochaine année sera donc particulièrement importante pour bien des amateurs de baseball. Si tout ce beau monde s’entend pour dire que les conditions des joueurs des mineures sont difficiles, les approches pour corriger le problème sont aux antipodes.    

Bientôt, l’association des joueurs au niveau professionnel renégociera son entente avec le baseball majeur. Ces joueurs qui accumulent de véritables petites fortunes pourraient-ils être tentés de voler au secours de leurs collègues des rangs inférieurs? Jusqu’à maintenant, on ne sent guère une grande volonté de partager des parts du gâteau.       

Pour un article sur la lutte des petites localités, je vous redirige ici .