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Le retour de Greta Thunberg

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Photo AFP L’écologisme est instrumentalisé.

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En peu de temps, la jeune Suédoise Greta Thunberg est devenue une vedette écologiste internationale, en incarnant pour la jeune génération la lutte contre les changements climatiques. Elle s’est voulue la prophétesse d’une nouvelle croisade des enfants — à tout le moins, ses alliés l’ont marketée ainsi, en en faisant un puissant catalyseur d’énergie collective. 

Il y avait là un récit fait pour plaire aux médias : une jeune femme se lève contre le monde des adultes et l’accuse d’avoir gâché son avenir. On présentait son ton accusateur comme une marque de sincérité admirable, qui devait nous émouvoir. Qui affichait quelques réserves à son sujet était accusé de mépriser la jeunesse et de ne pas prendre au sérieux la question des changements climatiques. 

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Time 

Depuis quelques jours, Greta Thunberg fait à nouveau parler d’elle. Elle vient d’ailleurs d’être nommée personnalité de l’année par le magazine Time. Mais c’est pour une autre raison qu’elle est d’abord revenue dans l’actualité. 

Dans le cadre de la COP 25 de Madrid, elle a signé une lettre avec deux autres militantes pour le climat où elle dévoile la part sombre d’un certain écologisme. On y retrouve une déclaration abracadabrante. 

Ainsi, selon la sainte Suédoise, « des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux [ont] créé et alimenté » la crise climatique. 

Il suffit de traduire ce jargon propre à l’extrême gauche académique dans le langage ordinaire pour retrouver une idée simple : c’est encore une fois la faute de l’Occident ! Et plus exactement, c’est la faute du grand méchant homme blanc ! Nous n’en sortons jamais ! 

Convenons toutefois que cela n’est pas surprenant. Ce n’est pas d’hier que la cause écologiste est détournée par ceux qui l’instrumentalisent pour faire la promotion d’une idéologie n’ayant rien à voir avec elle. C’est ainsi qu’on passe d’un combat nécessaire contre la crise climatique au procès d’une civilisation caricaturée de la manière la plus bête qui soit. 

Il faut dissocier la cause environnementale de ceux qui l’empoisonnent ainsi de passions idéologiques toxiques, qui contribuent au discrédit des écologistes. La lutte contre les changements climatiques représente un des grands défis de notre temps. Mais pour être bien menée, elle doit être détachée de cette haine rageuse contre notre civilisation et de la psychologie apocalyptique de Greta Thunberg et de ses disciples. Elle doit aussi s’affranchir du fantasme régressif d’un retour à une conception bucolique de la nature. 

Science 

On peut certainement critiquer la démesure d’un capitalisme nous poussant à la surconsommation. On doit faire le procès, sans doute, de ceux qui polluent la planète sans gêne, qui la traitent comme un dépotoir. On doit remettre en question un système qui déracine les hommes et les peuples. Autrement dit, on doit savoir critiquer les excès et dérives de notre civilisation, sans pour autant la maudire. 

Mais nous n’oublierons pas que c’est justement notre génie scientifique et notre inventivité technologique qui permettront aussi de gagner la bataille des changements climatiques.