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Parfaitement de son temps

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Choisie par le prestigieux magazine Time comme la personnalité de l’année, Greta Thunberg n’aura pas volé son nouveau titre. De toutes les tribunes, la jeune militante écologiste suédoise de 16 ans est bien plus qu’un symbole. Elle est devenue la principale force d’influence sur la planète dans la lutte contre les changements climatiques.

Le Time titre sa « une » : « Le pouvoir de la jeunesse ». Or, c’est un peu court. Oui, la jeunesse de Greta Thunberg y est pour quelque chose. Dans la mesure surtout où sa génération est celle qui hérite d’une urgence climatique dont elle n’est nullement responsable. Mais il y a plus.

Pouvoir de l’intelligence

Greta Thunberg, c’est aussi le pouvoir de l’intelligence, de la rationalité et de la science. En cette ère de fausses nouvelles et de climatonégationnisme, ce n’est pas un détail.

Partout où elle va, y compris cet automne à Montréal pour une méga manif contre les changements climatiques, elle éveille les consciences et interpelle directement les chefs d’État. Son fameux « How dare you? » (comment osez-vous ?), lancé en pleine plénière de l’ONU, marquera sûrement son époque.

Parce qu’elle conscientise, elle dérange beaucoup. Elle bouscule les multinationales polluantes. Elle emmerde leurs actionnaires. Elle chambarde les beaux discours trompeurs des leaders politiques selon qui concilier l’écologie et le développement économique serait une évidence en soi.

Regard d’acier

Son regard d’acier et ses discours ciselés confrontent ouvertement leurs certitudes tranquilles. À Montréal, Justin Trudeau était à ses côtés. Quand est venu le temps de choisir son ministre de l’Environnement, le lobby pétrolier albertain a néanmoins gagné. Au lieu d’y nommer sa recrue vedette, l’écologiste Steven Guilbeault, il l’a envoyé faire ses classes au Patrimoine.

Au Québec, le plan d’action du gouvernement caquiste est également attendu. De l’aveu même du premier ministre François Legault, l’importance de l’urgence climatique lui avait échappé en campagne électorale. Comme quoi, des Greta Thunberg, on en prendrait aussi chez nous.