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Personnalités publiques espionnées: le suspect avait aussi un accès à l'Assemblée nationale

Pascal Desgagnés
Photo Jean-François Desgagnés Pascal Desgagnés

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Revenu Québec met un terme à son contrat avec l’homme soupçonné d’avoir espionné les cellulaires de personnalités publiques. Il avait aussi accès au système informatique de l'Assemblée nationale.

Selon son profil LinkedIn, Pascal Desgagnés avait un mandat d’un an comme consultant avec le fisc. Il a également collaboré avec le Mouvement Desjardins et la Ville de Québec sur des projets informatiques.

Jeudi, Revenu Québec n’a pas voulu dire le rôle de l’homme de 45 ans dans son organisation. Il n’a également pas été possible d’obtenir plus d’information sur les accès qu’il avait dans les systèmes de l’agence.

«Revenu Québec a mis fin au lien contractuel qu’il entretenait avec Pascal Desgagnés, à la suite de son arrestation et de sa mise en accusation par le Service de police de l’agglomération de Longueuil, hier», a indiqué au Journal la porte-parole, Geneviève Laurier, ajoutant qu’aucun autre commentaire ne sera émis afin de ne pas nuire au processus judiciaire.

Consultation des dossiers

Selon l’expert en sécurité informatique, Éric Parent, en raison de son profil, le suspect pourrait effectivement «par curiosité» avoir pu consulter des dossiers de gens chez Revenu Québec. Actuellement, précisons qu’aucune des victimes n’aurait subi de dommages financiers.

«Tout dépendamment de ses accès, c’est quasiment une certitude qu’il a jeté un coup d’œil. Il ne s’est pas gêné pour le faire avec les cellulaires», indique le PDG d’EVA-Technologies, une firme en cybersécurité.

Pascal Desgagnés
Photo Jean-François Desgagnés

Le suspect était aussi consultant externe en informatique à l'Assemblée nationale. Son accès au système lui a été retiré hier soir.

«J’ai comme information que ses accès informatiques étaient très limités. Nous effectuons actuellement des vérifications», note la porte-parole de l'Assemblée nationale, Julie Champagne.

Cette dernière n’était pas en mesure de dire, jeudi, si l’homme a écouté ou non des conversations de députés.

Du côté de la Ville de Québec, la direction confirme que Pascal Desgagnés a collaboré avec la municipalité comme consultant notamment avec la firme Fujitsu de 2011 à 2012.

«Il était mandaté sur des systèmes de gestion de projet à titre de spécialiste Sharepoint.Il n'avait pas accès aux systèmes et données sensibles de la Ville», a souligné le porte-parole, David O’Brien.

Jeudi, Pascal Desgagnés, qui aurait commencé à sévir le 20 décembre 2013, a comparu au palais de justice de Québec. L’homme qui fait notamment face à des accusations pour vol d’identité et de fraude à l’identité a été libéré et reviendra devant le tribunal le 31 mars.

Pascal Desgagnés est le président de la firme Conseil TI Newcolorz.