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Tramway: le verglas, un plus gros défi que la neige

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Le futur tramway de Québec sera «fiable à l’année longue» et circulera beau temps, mauvais temps, y compris en pleine tempête de neige, assure le directeur du projet Daniel Genest, qui reconnaît cependant que le verglas posera un plus grand défi. 

Nullement préoccupé par les chutes de neige abondantes dans la capitale, M. Genest affirme que les employés du bureau de projet du réseau structurant sont bien conscients de la réalité hivernale de Québec et qu’ils en tiennent compte «à tous les jours» dans leurs travaux de planification.

«On comprend très bien qu’on est dans un milieu nordique rude (...) Ce n’est pas nécessairement la neige qui est plus compliquée, c’est le verglas. Arrêtons de penser que 40 centimètres, c’est un gros problème. Il y a un plan de déneigement de la plateforme qui va être mis en place», a expliqué M. Genest aux élus lors d’un plénier à l’hôtel de ville, jeudi matin.

Des véhicules de type rail-route – qui peuvent circuler sur les deux surfaces – seront outillés d’une gratte pour dégager la plateforme bétonnée. La neige sera ensuite enlevée sur la chaussée de chaque côté. Quant au rail lui-même, le poids du tramway suffira généralement pour écraser la glace sur son passage ou déblayer la neige qui s’y accumule. Des accessoires pour faciliter l’opération devraient être installés sur le wagon de tête de chaque rame.

Cuisinés par les conseillers de l’opposition, visiblement sceptiques, M. Genest et le directeur de la conception du réseau, Benoît Carrier, ont insisté sur la fréquence de passage importante du tramway. «C’est un entretien qui est continu. On parle d’une fréquence de 3 à 6 minutes (aux heures de pointe) puis si on est aux 10 à 15 minutes, on va venir intercaler un véhicule rail-route ou on va augmenter la fréquence du tramway juste pour s’assurer de l’entretien régulier au fil de la journée», a expliqué M. Carrier.

«Comme le tramway fonctionne 20 heures sur 24, comment il peut s’accumuler suffisamment de neige en 15 minutes pour bloquer un tramway ? Honnêtement, ça ne se peut pas», a observé le maire Régis Labeaume, qui a tenu à ajouter son grain de sel. «Le tramway passe continuellement il déblaie lui-même la neige. Quant à l’accumulation de glace sur les fils, le pire est envisagé et ceux qui entretiendront pourront intervenir mais c’est la même affaire», a-t-il renchéri, cherchant à se faire rassurant.

Le tramway pourrait rouler la nuit

Si un épisode de verglas devait survenir en-dehors des heures d’opération, entre 1h et 5h le matin, des rames vides de tramway pourraient exceptionnellement circuler en pleine nuit pour éviter toute accumulation de glace, a également précisé M. Genest.

«Pour ce qui est de la ligne aérienne de contact, pour s’assurer qu’il ne s’accumule pas de verglas, il y a des dispositifs qui s’installent sur le pantographe (NDLR : le dispositif articulé qui permet au tramway de capter le courant par frottement sur la ligne électrique) pour pouvoir gratter (la glace) au fil des passages», a exposé M. Carrier.

Le consortium qui sera sélectionné pour le tramway fournira l’équipement spécialisé de déneigement sur rail à la Ville de Québec, laquelle conservera la responsabilité de l’ensemble des opérations de déneigement.

L’exemple du train léger d’Ottawa

Les dirigeants du bureau de projet se rendront par ailleurs à Ottawa, en début d’année, pour s’informer au sujet des ratés du train léger, récemment mis en service. «Ce n’est pas parce que c’est un projet identique à celui de Québec mais parce que les conditions au niveau du déglaçage sont plus problématiques à Ottawa qu’à Québec. Ce qui nous inquiète le plus, ce n’est pas la neige, c’est la glace», a répété M. Genest.

«Quelqu’un va me dire : Ça ne marche pas le projet de train léger à Ottawa. Je vois déjà la question venir. Mettons de côté les défis de la mise en service, la réalité, c’est que cet hiver, il y a des trains légers qui vont rouler dans la glace, dans la pluie. On va aller les voir et ils vont nous expliquer ce qui marche et ce qui ne marche pas. On n’a pas besoin de faire le tour du monde. On a quelque chose à 4 heures et demie de route», a-t-il exposé.