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Univers électrisant

Le Cirque du Soleil présentait pour la première fois hier son spectacle AXEL au Centre Vidéotron

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Deux ans après avoir tenté de manière plus ou moins réussie l’expérience sur glace avec Crystal, le Cirque du Soleil est de retour avec AXEL, une proposition bien différente qui offre un meilleur équilibre entre le patinage et les acrobaties. Toutefois inégal, le spectacle est visuellement impressionnant.

Après avoir entamé sa tournée il y a huit semaines, le Cirque du Soleil présentait sa 48e production en première québécoise hier, au Centre Vidéotron. 

Une des grandes forces du spectacle repose sur des éclairages et projections graphiques sur glace hallucinants, qui entourent et surplombent la scène. Ils nous transportent dans un univers à la fois urbain et électrisant. C’est jeune, coloré, entraînant. 

Au chapitre musical, c’est aussi particulièrement réussi. Le mélange de chansons originales et de reprises (Mad World de Tears for Fears, Diamonds de Rihanna) signé Philippe Brault est dynamique, nous transportant à la fois dans le disco et le rock, en parfaite symbiose avec un jeu d’éclairage hyperactif. 

En première partie, on parvient difficilement à saisir le scénario d’une histoire d’amour entre Lei et Axel, le personnage principal, incarné par le chanteur et patineur Jayden Sierra, qu’on entendra rarement chanter, d’ailleurs.

En fait, on n’y parviendra jamais, et au final, AXEL s’avère être une enfilade de numéro sans fil conducteur alors qu' Axel, souvent effacé, est loin d’être l’attraction principale.

Après un segment de contorsion aérienne et un truc sympathique où les patineurs côtoient des voitures téléguidées sur la patinoire, c’est avec le numéro de diabolo sur patins que le vrai mariage entre le cirque et le patinage est consommé.

Le jongleur rimouskois Alexis Bernatchez, qui incarne Qwartz, l’alter ego d’Axel, a réellement fait embarquer la foule pour la première fois. Sur glace, sa discipline est encore plus impressionnante et son personnage amène un aspect comique à cette proposition plutôt froide.

Ce n’est que le dernier segment de la première partie, un numéro captivant de balançoire russe, qui nous procure la première émotion qu’on attend vraiment d’un spectacle de cirque : un souffle coupé devant les prouesses.

Finale grandiose

Heureusement, la deuxième partie comporte le renouveau promis et quelques moments enlevants.

Après un poétique numéro d’équilibre sur échelle qui a déclenché quelques «ouf» dans les gradins, on est captivé par un numéro de chaînes aériennes, qui encore une fois fusionne le patin et le cirque pour en faire une nouvelle discipline.

Après un sublime numéro de trapèze en duo, on entend enfin chanter Axel, avant qu’une cohorte de patineurs enfilent des patins qui font des flammèches. Belle idée.

Le spectacle culmine avec la plus belle incarnation du mariage entre les disciplines, dans un numéro de bungee qui nous garde les yeux écarquillés. Grandiose. Le genre de prouesses qu’on aurait pris davantage.

Il n’y a pas vraiment, dans le spectacle, de moments attendrissants ni même vraiment ludiques, comme le Cirque du Soleil réussit toujours à amener. Si les prouesses sont au rendez-vous et que le visuel est exceptionnel, il manque cruellement d’émotion dans AXEL, d’un contact avec le public et surtout, d’une histoire qui se tient. 

► AXEL est présenté au Centre Vidéotron jusqu’à dimanche.