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Un traversier gênant

Un bris risque de retarder la remise en service du F.-A.-Gauthier

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Le F.-A.-Gauthier continue de faire des siennes après presque un an de cale sèche et de réparations en tout genre. Si bien, qu’il pourrait ne pas pouvoir reprendre du service comme prévu avant Noël. 

Vendredi dernier, le navire a quitté le chantier Davie, après un an de réparation et de tests, pour rejoindre son port d’attache à Matane le lendemain. Il devait assurer la traverse entre celui-ci et la Côte-Nord, juste à temps pour le temps des Fêtes, le 20 décembre.  

Toutefois, le sort continue de s’acharner sur le traversier après ses déboires de la dernière année qui ont mené à la réparation de la porte d’étrave, des propulseurs, d’une prise d’alimentation d’eau et à l’acquisition de deux bateaux. Le PDG de la Société des traversiers du Québec (STQ), Stéphane Lafaut, a annoncé samedi une nouvelle problématique. 

« Les moteurs ne fonctionnaient pas selon les paramètres prescrits par le fabricant. Il y a des capteurs qui n’étaient pas au vert samedi », a-t-il expliqué lors d’un point de presse, samedi. 

Bien que le F.-A.-Gauthier soit officiellement toujours fonctionnel, il est « fort possible » que sa remise en service soit retardée. Mentionnons cependant que M. Lafaut a confirmé que le traversier ne devrait pas retourner en travaux majeurs puisque les propulseurs fonctionnent adéquatement. 

« J’ai bon espoir de pouvoir régler le problème [à Matane]. » 

Martin Ouellet.
Député
Photo Simon Clark
Martin Ouellet. Député

Contacté par Le Journal, le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, déplore les promesses brisées du MTQ. 

« On nous avait dit que le bateau serait prêt avant les Fêtes et là on apprend qu’il y a encore des réparations et des validations à faire. Je ne comprends pas qu’il prenne le large alors qu’il y a encore des problèmes, après un an d’inspections et de tests. C’est un non-sens. » 

« J’ai l’impression que mon monde va vivre le même cauchemar qu’ils ont [sic] vécu au temps des Fêtes, l’an dernier. Ça va être un casse-tête hallucinant », ajoute-t-il. 

Déception 

Invité à réagir à ce nouveau rebondissement, le ministre des Transports, François Bonnardel, a fait part d’une certaine déception, même s’il appuie la décision de la STQ. 

« C’est certain que nous sommes déçus et [...] nous avons hâte que le F.-A.-Gauthier reprenne du service. Toutefois, on ne veut faire aucun compromis sur la sécurité du navire. C’est une décision responsable », a-t-il indiqué, ajoutant que d’autres solutions comme le Saaremaa et des navettes aériennes seront disponibles. 

Notons que M. Bonnardel avait félicité le PDG de la STQ, jeudi, pour avoir rempli le mandat de remettre le navire en service avant la période des Fêtes, sur Twitter.  

— Avec la collaboration de l’Agence QMI 

Les déboires du F.-A.-Gauthier 

Chronologie  

Décembre 2018 : Des débris métalliques sont découverts dans le système de lubrification menant à un bris majeur des propulseurs azimutaux, entre autres problèmes. 

Janvier 2019 : Mise en cale sèche pour analyses, tests et réparations.  

 Janvier 2019 : Acquisition du NM Apollo, un navire vieux d’un demi-siècle, sans inspection préalable.  

Février 2019 : Mise en service du NM Apollo

 Mars 2019 : Le NM Apollo est mis hors service après avoir percuté des quais à deux reprises. 

Avril 2019 : Acquisition du Saaremaa 1 pour plus de 40 M$ 

Juin 2019 : Le NM F.-A.-Savard prend la relève, en attendant l’arrivée du Saaremaa 1, mais les traversées sont régulièrement annulées puisqu’il ne peut prendre la mer lorsque les vagues dépassent 1,5 m. 

Juillet 2019 : Mise en service du Saaremaa 1, qui depuis, s’est retrouvé plusieurs fois cloué à quai en raison de divers problèmes. 

Septembre 2019 : Collision du Saaremaa 1 avec le quai de Godbout, dans le Bas-Saint-Laurent. 

 Décembre 2019 : Le F.-A.-Gauthier quitte le chantier de la Davie pour rejoindre Matane. On y découvre alors un nouveau problème de moteurs électriques. 

Coût totaldu F.-A.-Gauthier  

  • 175 M$ pour sa construction, en Italie 
  • Plus de 61,6 M$ pour l’ensemble des péripéties reliées au navire. Incluant les réparations, le maintien du service sur la traverse, l’épopée de l’Apollo, l’acquisition du Saaremaa 1
    et les revenus des assurances.