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Par Toutatis, ils sont fous ces ados!

Didier Conrad
Photo Pierre-Paul Poulin Didier Conrad

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Soixante ans après leur création par Goscinny et Uderzo, Astérix et Obélix sont de retour pour une nouvelle aventure. Cette fois-ci, dans La fille de Vercingétorix, les deux Gaulois en auront plein les bras avec une génération de jeunes irréductibles qui entend faire sa place au village.

Dans ce 38e album de la série – le quatrième du tandem formé du scénariste Jean-Yves Ferri et du dessinateur Didier Conrad – on nous révèle que Vercingétorix, le héros de la résistance gauloise, a eu une fille, Adrénaline. Avant de déposer les armes devant César à la défaite d’Alésia, le grand chef a confié l’enfant à ses plus fidèles guerriers. Hélas, un traître a averti les Romains qui la font rechercher depuis. Astérix et Obélix se voient confier la périlleuse mission de protéger Adrénaline. Le hic, c’est qu’elle est en pleine crise d’adolescence.

Fait plutôt inusité dans l’univers de la série, le moteur de l’intrigue est un jeune, un personnage féminin de surcroît. « Initialement, Jean-Yves Ferri voulait commencer l’histoire avec Vercingétorix lui-même, mais il s’est rendu compte que c’était problématique puisque la série commence à partir de la conquête de la Gaule par les Romains, raconte l’illustrateur Didier Conrad, qui était de passage au Québec pour faire la promotion de l’album. Plutôt que de le mettre en scène, ce qui aurait banalisé le personnage, il a eu l’idée de créer sa fille, une adolescente fugueuse. »

Du nouveau dans le village

Grande rouquine vêtue de noir à l’esprit rebelle, Adrénaline n’est pas le seul nouveau visage à faire son apparition au village des Gaulois. On fait entre autres la connaissance de Selfix, fils du forgeron, et Blinix, fils du poissonnier. Et à l’instar de chaque nouvelle génération, ils contestent le système établi, à commencer par la chasse au sanglier et la potion magique qui rendrait obèse !

Pour les deux créateurs, il allait de soi que le conflit entre les générations était un bon filon à exploiter pour cette nouvelle histoire. « Quand vous serez assez vieux pour avoir des adolescents, vous comprendrez pourquoi ! J’ai une fille de 31 ans et un garçon de 27 ans et j’en porte encore les cicatrices, lance à la blague Didier Conrad qui s’est d’ailleurs inspiré de sa fille pour le personnage d’Adrénaline. Plus sérieusement, on se retrouve avec une série ancienne et on ne peut pas vraiment changer le comportement des personnages existants. Si on veut faire évoluer la série, il faut en créer de nouveaux. »

Un beau défi

Celui qui a repris la plume d’Uderzo en 2013 (NDLR, à 86 ans, le co-créateur d’Astérix n’avait plus la santé pour dessiner) confie se sentir de plus en plus confortable dans son rôle d’illustrateur de la série. « Le premier album [Astérix chez les Pictes] a été fait dans une angoisse latente. J’ai dû faire en sept mois ce qu’Uderzo réalisait en neuf mois, en plus de devoir maîtriser son style, ce qui est un défi, car c’est un dessinateur très intuitif, il n’avait pas laissé d’indications sur sa technique. Ce dernier album a été plus facile à produire. Dans Astérix, je peux utiliser tout ce que je sais comme dessinateur. Uderzo aime bien. C’est très motivant. »

Le phénomène Astérix en quelques chiffres

Didier Conrad
Photo courtoisie
  • 1959 Première parution, le 29 octobre dans le magazine Pilote.
  • 111 traductions existantes (langues et dialectes).
  • 38 albums publiés.
  • 14 films tirés de l’univers d’Astérix, dont 10 longs métrages animés.
  • 380 millions d’albums vendus dans le monde.