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[PHOTOS] Voici 10 hôtels qui ont marqué l’histoire de la ville de Québec

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 L’impressionnant Château Frontenac est, sans conteste, l’image la plus connue de la ville de Québec. Par contre, il ne s’agit pas du seul hôtel prestigieux que notre ville ait connu. Certains hôtels ont aujourd’hui disparu sans laisser de traces... sauf dans les souvenirs de ceux qui les ont connus et dans les images conservées par BAnQ!  

 1) Hôtel Neptune  

L’Hôtel Neptune, 1830. BAnQ Québec (P600, S5, PIMC32-3).
Gravure James Pattison Cockburn
L’Hôtel Neptune, 1830. BAnQ Québec (P600, S5, PIMC32-3).

 L’Hôtel Neptune ouvre ses portes le 1er mai 1809. William Arrowsmith en est le propriétaire. Situé au pied de la côte de la Montagne, au coin de la rue Sault-au-Matelot, l’établissement accueille capitaines de navires, marchands et voyageurs. Sur la devanture de l’édifice, on peut apercevoir une figure de proue représentant Neptune, le dieu romain de la mer. La légende veut que cet ornement provienne d’un navire qui s’est échoué à l’île d’Anticosti en 1817. À la fin du 19e siècle, l’auberge cède la place aux bureaux du quotidien Morning Chronicle.  

 2) L’hôtel Mountain Hill House  

Ruines de l'hôtel Mountain Hill à Québec, 1948. BAnQ Québec (E6, S6, SS1, P61373).
Photo Omer Beaudoin
Ruines de l'hôtel Mountain Hill à Québec, 1948. BAnQ Québec (E6, S6, SS1, P61373).

 C’est en 1855 que le marchand Léandre Fréchette fait construire son hôtel de 150 chambres. L’édifice se dressait aux 94 à 98 sur la côte de la Montagne, juste avant la courbe qui précède la rue Notre-Dame. Le bâtiment possédait ainsi deux façades principales.  

 À l’époque où l’Assemblée législative de la province du Canada (1860-1865) et de la province du Québec (1867-1883) siégeait dans l’ancien parlement situé dans le parc Montmorency, l’hôtel Mountain Hill House était habité par plusieurs députés. Malheureusement, l’édifice, ainsi que trois maisons adjacentes, sont totalement détruits par les flammes le 24 février 1948.  

 Aujourd’hui, il s’agit d’un terrain vague. On y retrouve notamment le parc de la Cetière et la Fresque des Québécois.  

 3) Hôtel Saint-Louis  

L’Hôtel Saint-Louis, vers 1890. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1996).
Photographe non identifié
L’Hôtel Saint-Louis, vers 1890. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1996).

 L’Hôtel Saint-Louis est fondé en 1852, à l’intersection des rues Haldimand et Saint-Louis. Au début des années 1860, l’établissement hôtelier devient l’un des plus prestigieux à Québec. Son activité se poursuit jusqu’en 1963, année où le gouvernement se porte acquéreur de l’édifice pour y construire une annexe au palais de justice qui se trouve à proximité. Le projet ne voit pas le jour. Il est finalement démoli en 1969.  

L’Hôtel Saint-Louis, vers 1890. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1998).
Photographe non identifié
L’Hôtel Saint-Louis, vers 1890. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1998).

 4) Hôtel Bigaouette  

Hôtel Bigaouette au Lac Beauport, vers 1890. BAnQ Québec (P600, S6, D5, P242).
Photo Saml. H. N. Kennedy
Hôtel Bigaouette au Lac Beauport, vers 1890. BAnQ Québec (P600, S6, D5, P242).

 À la fin du 19e siècle, le lac Beauport est le lieu de villégiature par excellence pour les touristes ainsi que pour les résidants de Québec. On y construit plusieurs chalets, villas et maisons pour permettre aux gens de venir se ressourcer dans la nature ou de pratiquer leur sport favori en été comme en hiver.  

 L’Hôtel Bigaouette est construit vers 1870. En 1938, l’endroit devient le Manoir Saint-Castin. En février 1939, un violent incendie détruit complètement le bâtiment. Quelques mois plus tard, on confie la construction du nouveau manoir aux architectes Amyot, Bouchard & Rinfret. Le nouvel hôtel est inauguré au mois de décembre 1939.  

 En 2013, les installations du Manoir Saint-Castin sont démolies pour laisser la place à l’hôtel Entourage-sur-le-Lac.  

 4) Hôtel Clarendon  

Hôtel Clarendon, vers 1900. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1980).
Photographe non identifié
Hôtel Clarendon, vers 1900. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1980).

 C’est en 1858 que le notaire Siméon Lelièvre fait construire une maison en pierre et en brique à quatre étages au coin des rues Sainte-Anne et des Jardins. L’édifice est l’œuvre de l’architecte Charles Baillargé. En 1859, la propriété est vendue aux imprimeurs Georges-Édouard Desbarats et Stewart Derbishire.  

Hôtel Clarendon, vers 1900. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1981).
Photographe non identifié
Hôtel Clarendon, vers 1900. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1981).

 Transformé en hôtel en 1870, il est tout d’abord connu comme le Russell House. En 1894, l’hôtel est vendu par les héritiers Desbarats à l'hôtelier Thomas Hilaire Lizotte. Ce dernier lui donne alors le nom de Clarendon. En 1924, l’hôtelier Joseph Drapeau fait l’acquisition du bâtiment. En 1926, le nouveau propriétaire ajoute un étage à toit plat à l'hôtel. C’est l’architecte Raoul Chênevert qui en réalise les plans.  

 Cette institution plus que centenaire qu’est l’Hôtel Clarendon célébrera ses 150 années d’existence en 2020.  

 5) Hôtel Union  

Hôtel Union, vers 1900. BAnQ Québec (P1000, S4, D22, P1).
Photographe non identifié
Hôtel Union, vers 1900. BAnQ Québec (P1000, S4, D22, P1).

 L’édifice, situé aujourd’hui au 12, rue Sainte-Anne, est construit en 1805, devant la place d’Armes, pour loger l’Hôtel Union.  

 Au fil du temps, le bâtiment servira différentes fonctions et connaîtra plusieurs propriétaires. Toutefois, le nom de l’Hôtel Union demeure longtemps associé à ce lieu. Mentionnons notamment l’Hôtel Payne, l’Hôtel Saint-Georges, le tailleur David Morgan, les banques Union et Royale, l’Hôtel Château Normandie et, à partir des années 1940, un centre d’information touristique.  

 En 1960, le gouvernement du Québec en fait l’acquisition et y effectue d’importants travaux de restauration afin qu’il retrouve son aspect premier. Le bâtiment reprend sa vocation hôtelière en 2017 en devenant l’Hôtel Manoir Morgan.  

 6) Hôtel King Edward  

Hôtel King Edward, vers 1905. BAnQ Québec (P585, D11, P5).
Photo Philippe Gingras
Hôtel King Edward, vers 1905. BAnQ Québec (P585, D11, P5).

 L’édifice est construit en 1896. Il se dressait au 7, rue des Jardins, juste en face de l’hôtel de ville. Aujourd’hui, on y retrouve la terrasse du pub Le D’Orsay. Le bâtiment a tout d’abord porté le nom de l’Hôtel Québec. En 1905, il devient l’Hôtel King Edward. À cette époque, le propriétaire est Édouard Lapointe. En 1927, l’hôtel change de propriétaire et devient l’Hôtel Lorraine.  

 En 1948, dans les journaux de l’époque, on apprend que le propriétaire de l’Hôtel Lorraine a soumis un projet d’agrandissement à la Commission municipale d’urbanisme de la ville. Pour ce faire, deux maisons historiques, situées sur la rue Sainte-Anne et sur la rue Buade, devront être rasées. Le projet n’est pas accepté. Le bâtiment est finalement démoli quelques mois plus tard.  

Hôtel Lorraine sur la rue des Jardins, juillet 1948. BAnQ Québec (E6,S8,SS1,SSS1526,D11377,PA9).
Photographe non identifié
Hôtel Lorraine sur la rue des Jardins, juillet 1948. BAnQ Québec (E6,S8,SS1,SSS1526,D11377,PA9).

 7) Le Château Frontenac  

Château Frontenac, vers 1930. BAnQ Québec (P560, S2, D3, P69).
Photo J. E. Livernois
Château Frontenac, vers 1930. BAnQ Québec (P560, S2, D3, P69).

 La construction par la compagnie de chemin fer du Canadien Pacifique de l’hôtel Château Frontenac débute en 1892. Cet édifice, dont la ligne s’inspire du style des châteaux français, est l’œuvre de l’architecte new-yorkais Bruce Price. Situé sur le cap Diamant et surplombant le fleuve Saint-Laurent, le bâtiment recouvre le site archéologique des forts et châteaux Saint-Louis.  

 L’hôtel est nommé en l’honneur de Louis de Buade, comte de Frontenac. Celui-ci fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1672 à 1682, puis de 1689 à 1698.  

La suite «Canadian Sweet» au Château Frontenac, vers 1900. BAnQ Québec (P560, S1, P1037).
Photographe non identifié
La suite «Canadian Sweet» au Château Frontenac, vers 1900. BAnQ Québec (P560, S1, P1037).

 Le Château Frontenac a subi plusieurs modifications pendant le 20e siècle. La plus importante est l'ajout, en 1926, de la tour centrale, dont la construction est l’œuvre des architectes William et Edward Maxwell. Par la suite, la construction de l'aile de la Citadelle a été effectuée en 1899 et celle de la rue Mont-Carmel en 1908. Finalement, en juin 1993, l'aile Claude-Pratte a été inaugurée.  

 De nombreux dignitaires et personnalités, dont Charles Lindbergh, Charles de Gaulle, Alfred Hitchcock et plusieurs représentants de la famille royale britannique, ont fréquenté l’hôtel.  

 Plusieurs événements d’importance s'y sont également déroulés, dont les deux Conférences de Québec lors de la Deuxième Guerre mondiale. La première s’est tenue en août 1943 et la seconde, en septembre 1944. D’une importance capitale, elles ont permis à Mackenzie King d’y rencontrer le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt pour préparer d’abord la capitulation de l'Italie, puis la fin de la guerre.  

Madame Churchill, le comte d'Athlone, le président Roosevelt, la princesse Alice, le premier ministre Churchill, madame Roosevelt et le premier ministre Mackenzie King à la Conférence de Québec, septembre 1944. BAnQ Québec (P428, S3, SS1, D16, P46).
Photo Office national du film
Madame Churchill, le comte d'Athlone, le président Roosevelt, la princesse Alice, le premier ministre Churchill, madame Roosevelt et le premier ministre Mackenzie King à la Conférence de Québec, septembre 1944. BAnQ Québec (P428, S3, SS1, D16, P46).

 8) L’Hôtel Blanchard et 9) l’Hôtel Louis XIV  

L'Hôtel Louis XIV sur la Place Royale, 1949. BAnQ Québec (E6, S7, SS1, P70037).
Photo J. W. Michaud
L'Hôtel Louis XIV sur la Place Royale, 1949. BAnQ Québec (E6, S7, SS1, P70037).

 L’histoire des deux hôtels s’entremêle dans le temps. L’emplacement de l’ancien l’Hôtel Louis XIV, sur la Place Royale, est chargé d’histoire. En 1647, Jean Bourdon a choisi ce secteur pour ériger le magasin de la Communauté des Habitants. En 1663, l’intendant Jean Talon fait reconstruire en pierre le magasin. Après le feu de la Basse-Ville en 1682, les vestiges sont vendus au marchand Eustache Lambert-Dumont en 1687. C’est l’architecte Claude Baillif qui en dresse les plans.  

 L’histoire suivant son cours, la maison est incendiée lors de la Conquête et reconstruite en 1764. Par la suite, plusieurs propriétaires se succéderont. Le bâtiment aurait même servi de bains publics en 1898.  

L’Hôtel Blanchard sur la place Royale, vers 1890. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P85568).
Photographe non identifié
L’Hôtel Blanchard sur la place Royale, vers 1890. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P85568).

 En 1899, l'hôtelier Joseph Cloutier devient le propriétaire de l'hôtel Blanchard. Peu de temps après, il fait l'acquisition de l’ancienne propriété du marchand Eustache Lambert-Dumont. Des travaux sont effectués la même année sur le bâtiment. Lors des travaux, l’édifice est haussé de deux étages ainsi que la portion ouest de l'ancien hôtel Blanchard. Le complexe est connu plus tard sous le nom de l'Hôtel Louis XIV. Les bâtiments sont très endommagés par deux incendies en 1960 et en 1966.  

 Les vestiges sont acquis par le ministère des Affaires culturelles en 1969. La restauration est entreprise en 1972 et complétée en 1973, dans l'esprit de la maison du marchand Eustache Lambert-Dumont de 1687.  

 10) L’Hôtel Château Champlain  

L’Hôtel Château Champlain, vers 1930. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1530).
Photographe non identifié
L’Hôtel Château Champlain, vers 1930. BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D1, P1530).

 L’ancien Hôtel Château Champlain est construit entre 1925 et 1927. Le bâtiment est l’œuvre de l’architecte Ludger Robitaille. Le même style architectural, de type Château, a été utilisé 10 ans plus tôt à la gare du Palais.  

 Le rez-de-chaussée est entièrement réservé aux activités commerciales. Les 90 chambres, situées aux étages supérieurs, sont gérées par l'Hôtel Château Champlain, qui devient propriétaire de l’édifice quelques années plus tard.  

 Pendant environ 75 ans, plusieurs commerces se succèdent au rez-de-chaussée de l’immeuble. On y trouve notamment des tavernes, des restaurants, une procure ecclésiastique ainsi qu’une succursale de la Banque Nationale. En 1981, le bâtiment est transformé en refuge pour itinérants.  

 Un texte de Catherine Lavoie   

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 Sources :