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Facture du pôle d’échanges à Sainte-Foy: le maire Labeaume surpris par la sortie de la ministre Guilbault

Le maire Régis Labeaume lors du conseil municipal de lundi 16 décembre 2019.
Photo Simon Clark Le maire Régis Labeaume lors du conseil municipal de lundi 16 décembre 2019.

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Surpris par la récente déclaration de la vice-première ministre Geneviève Guilbault, qui refuse d’allonger un sou de plus pour l’aménagement du pôle d’échanges du tramway à Sainte-Foy, Régis Labeaume a joué la carte de la discrétion lundi. 

Le maire de Québec, qui espérait une entente tripartite entre la Ville, le Groupe Dallaire et le gouvernement du Québec pour financer «l’interconnexion» avec les autobus de la rive-sud sous le futur complexe Le Phare du boulevard Laurier, était visiblement mal à l’aise de commenter la situation, lors d’une mêlée de presse à l'hôtel de ville.  

«Je ne sais pas trop...écoutez, j’ai lu ça. Nous, on travaille avec le ministère des Transports et on est en train de développer tout ça, alors on va y aller étape par étape (...). Quand ce sera le temps de dire quelque chose, on le dira», s’est-il contenté de répondre, agacé par les questions sur le sujet. «Je vais voir avec eux autres. On verra». 

Le pôle d’échanges, à l’origine, était évalué entre 12 et 15 M$. Il devait être financé par le Groupe Dallaire, mais les plans devront être revus pour tenir compte de l’interconnexion avec Lévis, imposée par le gouvernement Legault, qui invite la Ville de Québec à piger dans l’enveloppe de 1,8 G$ pour le réseau structurant. 

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, s’inquiète pour les contribuables de Québec qui «vont se retrouver avec la facture encore une fois». Le conseiller Jean Rousseau a, quant à lui, réitéré sa demande pour un changement de site sur Laurier, doutant ouvertement de la réalisation du complexe Le Phare. «On pourrait se retrouver avec un pôle d’échanges sur un terrain vague, ce qui serait tout à fait inacceptable», a-t-il déclaré. 

Pétition contre le tramway 

Jean-François Gosselin s’est par ailleurs réjoui, hier, de la pétition en ligne contre le projet de tramway, lancée par le Dr Marc Lacroix, qui a franchi le cap des 25 000 signatures en quelques jours. «On s’en est fait parler toute la fin de semaine», a-t-il commenté. 

«On vit en démocratie. Tout le monde peut créer les pétitions qu’ils veulent, il n’y a pas de problème, a réagi le maire Labeaume. On est à Québec, il y a un environnement spécial avec du monde spécial (...). C’est un peu la droite toxique qui remet toujours en question les résultats démocratiques», a-t-il ajouté, rappelant qu’il avait récolté 55% des voix, en 2017, en promettant un «système de transport structurant rapide et efficace» qui se rend au nord et à l’est de la ville. 

Il dit s’être opposé au projet de tramway d’Anne Guérette en campagne électorale parce qu’il était «contre un tramway seulement au centre-ville, tout simplement», a-t-il réitéré. 

«On assiste à un triste spectacle de la part du maire qui tente de faire croire à la population qu’elle s’est commise, alors que personne ne savait ce qu’il en serait réellement», a rétorqué M. Gosselin lors de la séance du conseil en soirée, l’accusant de «manipuler les gens» et d’entretenir le cynisme. 

«M. Labeaume n’a jamais été aussi déconnecté de toute sa carrière politique. Il est en train de se mettre à dos une bonne partie de la population contre lui et contre son projet parce qu’il refuse d’entendre ce que les gens ont à dire», a-t-il martelé. 

Étude sur la tête des ponts 

Questionné par ailleurs sur l’étude d’avant-projet pour le «spaghetti» de bretelles à la tête des ponts, qui tarde à être lancée, comme le rapportait Le Journal lundi, le maire Labeaume a paru complètement désabusé. 

«Ça serait beaucoup plus fluide si on changeait l’entrée des ponts, moi, j’en suis convaincu. Mais à un moment donné, ça fait dix ans que je le dis, je ne peux pas vouloir plus que le client (...). Je suis rendu à mon quatrième premier ministre, puis les ministres des Transports, je dois être rendu à 10-15. Je ne sais plus ce que je peux faire.»