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Bell encore rabrouée par le CRTC

Il donne raison à Vidéotron qui pourra s’implanter en Abitibi-Témiscamingue

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Une filiale de Bell ne pourra pas bloquer l’arrivée de Vidéotron en Abitibi-Témiscamingue comme l’entreprise tentait de le faire, a tranché lundi le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Cablevision, une filiale à part entière de Bell Canada, se voit forcée par le CRTC de permettre à Vidéotron d’accéder à son réseau en Abitibi-Témiscamingue « à des prix et à des modalités justes et raisonnables ».

En octobre 2018, Vidéotron, une filiale de Québecor Média, a entrepris des discussions avec Cablevision afin de devenir client de son service d’Accès internet aux tierces parties (AITP). Les discussions se sont poursuivies pendant de nombreux mois entre les deux géants des télécoms, en vain. En mai, Cablevision a demandé au CRTC de pouvoir retirer son service AITP.

Dans la foulée, Québecor Média a porté plainte, accusant Cablevision de refuser de signer une entente de service qui lui permettrait d’avoir accès à ses infrastructures pour s’implanter dans la région. Vidéotron a fait valoir que Cablevision avait omis de mentionner au CRTC que des négociations avancées avaient été menées pendant des mois pour qu’elle ait accès à son service AITP.

Tentative de blocage

Selon Vidéotron, le comportement de Cablevision constituait « un abus flagrant ». L’entreprise « cherche à bloquer la concurrence dans son marché », a déploré l’entreprise devant le conseil.

Le CRTC s’est rangé aux arguments de Vidéotron.

Le conseil ordonne à Cablevision de fournir son service AITP « à tout concurrent ayant un intérêt réel » dans celui-ci, et « encourage » les deux entreprises à poursuivre leurs négociations.

Vidéotron s’est réjouie de la décision du CRTC, qui force Bell à fournir un accès internet aux tierces parties (AITP).

Satisfaction

« C’est une grande victoire pour les citoyens de l’Abitibi-Témiscamingue puisqu’ils auront enfin accès à une saine concurrence pour leurs produits et services de télécommunications », a soutenu le président et chef de la direction de Vidéotron, Jean-François Pruneau, dans un communiqué.

Le PDG a déploré que Cablevision et Bell aient fait « tout en leur pouvoir pour bloquer la concurrence ».

Il a dit souhaiter que Vidéotron, une filiale de Québecor, puisse s’entendre avec Bell et sa filiale avant la date butoir du 3 avril 2020 décrétée par le CRTC.

Bell n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.« Notre équipe réglementaire examine la décision », a soutenu la porte-parole de l’entreprise, Caroline Audet, dans un courriel.