/opinion/columnists
Navigation

Déficits sans fin

Le ministre des Finances Bill Morneau a révisé à la hausse le déficit fédéral, encore une fois.
CPAC Le ministre des Finances Bill Morneau a révisé à la hausse le déficit fédéral, encore une fois.

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Trudeau n’a visiblement aucune gêne à offrir des munitions à ceux qui l’accusent d’avoir perdu le contrôle des finances publiques.

• À lire aussi: «Dans quelques années, ça peut être très grave»

• À lire aussi: L’énorme trou béant de 175 milliards $ de Trudeau

• À lire aussi: Trudeau garde le cap sur les déficits malgré une cible ratée

Hier, le ministre des Finances Bill Morneau a révisé à la hausse le déficit fédéral, encore une fois. 

Le manque à gagner atteindra plus de 28 G$ l’an prochain. C’est 8,4 G$ de plus que l’avait prévu le ministre dans son budget publié en mars dernier. Les déficits s’étendent aussi à perte de vue. Les libéraux devaient pourtant équilibrer le budget dès cette année. Une promesse rompue du dernier mandat, faut-il le rappeler. 

La minibaisse d’impôts annoncée la semaine dernière constitue un des plus gros morceaux des déficits à venir. À terme, l’allégement fiscal coûtera au trésor public 6 G$ par année... pour l’équivalent de deux cafés filtres par semaine dans les poches des Canadiens. 

UNE QUESTION DE CONFIANCE

Bill Morneau jure que le Canada peut se permettre ces « investissements dans la classe moyenne ». 

Notre cote de crédit est immaculée. Nos perspectives de croissance sont meilleures que tous les autres pays du G7, hormis les États-Unis. Notre dette par rapport à la taille de notre économie est la plus faible de ce groupe sélect. 

N’empêche, les libéraux défoncent année après année leurs propres projections du déficit. Une fâcheuse tendance susceptible de miner la crédibilité du gouvernement libéral en matière d’économie. Une tendance, aussi, qui risque de se poursuivre. 

La plateforme libérale comprend de coûteuses promesses électorales qui s’ajouteront à la colonne des dépenses. À cela s’ajoutent les demandes financières des provinces. Et c’est sans compter la possible occurrence d’un ralentissement économique. 

Un tel scénario réduirait en peau de chagrin la marge de manoeuvre du gouvernement Trudeau. Sur la foi de 14 spécialistes indépendants, Bill Morneau soutient que le Canada est à l’abri d’une récession à moyen terme. 

Soit, mais l’économie demeure une science très inexacte. Et ses soubresauts, difficiles à prévoir.