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Masculinité toxique chez les jeunes Américains?

Masculinité toxique chez les jeunes Américains?

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Peggy Orenstein est une journaliste et écrivaine réputée. Pendant deux ans, l’auteure de Girls & Sex a interrogé de jeunes collégiens américains et recueilli leurs commentaires sur la masculinité.  

Être un homme en 2019, ça se définit de quelle façon? Étonnamment, après je ne sais trop combien de campagnes de sensibilisation et dans la foulée du mouvement #MeToo, la définition de la masculinité n’a jamais été aussi restreinte.  

L’auteure note que si le féminisme a permis aux jeunes femmes d’élargir et de nuancer la définition de la féminité, il n’y a pas eu d’équivalent pour les jeunes hommes. Même les parents reconnaissent parfois qu’ils peinent à bien identifier les valeurs ou les comportements à encourager.  

La définition d’un comportement masculin, selon les collégiens qui se sont confiés à Orenstein, semble tout droit sortie d’un film ou d’un magazine des années 1950. Pour être un homme, il faut dominer, adopter une attitude agressive, multiplier les conquêtes (la séduction, mais aussi les prouesses sexuelles), être athlétique et riche. Bien sûr, l’homme ne se confie pas, ne montre aucune faiblesse (surtout pas la peur), ravale ses émotions et n’est jamais abattu. L’homme stigmatise aussi l’homosexualité.  

Si l’auteure précise que plusieurs de ces caractéristiques ne sont pas mauvaises en soi, elle s’étonne du caractère limitatif de la définition. Y a-t-il de la place pour ceux qui se définissent autrement? La compassion, l’honnêteté ou la moralité ne sont à peu près jamais mentionnées.  

Non seulement ne pas adhérer à cette définition en tout ou en partie a des retombées négatives pour les «exclus», mais même ceux qui se conforment sont souvent éprouvés.   

Les jeunes hommes sont plus enclins à adopter des comportements à risques, à développer de mauvaises habitudes de consommation (alcool et drogue) ou à recourir à la violence physique ou verbale. Le taux de dépression est plus élevé chez ceux-ci et le suicide les guette plus souvent.  

J’avoue avoir été un peu secoué par les résultats présentés par Peggy Orenstein. Comme professeur, j’espère toujours que «mes» jeunes sont sains et équilibrés. Vous n’êtes pas sans savoir que les jeunes hommes étudiants ont un taux de décrochage plus élevé et qu’ils réussissent moins bien. Est-ce qu'on leur offre au moins un meilleur exemple de ce que c’est que d'être un homme, ou si ce qu’observe Orenstein aux États-Unis s’applique ici aussi?  

Si la réflexion de la journaliste et écrivaine vous intéresse, je vous redirige ici.  

À Écouter : Chronique politique américaine avec Luc Laliberté