/finance/business
Navigation

Groupe Capitales Médias: la revanche des retraités

Le financement serait à risque après le refus d’ex-syndiqués de signer des quittances

Coup d'oeil sur cet article

Rien n’est joué pour la relance des journaux du Groupe Capitales Médias (GCM). Certains investisseurs pourraient retirer leur appui financier si les retraités refusent de signer des quittances en vue d’éventuelles poursuites devant les tribunaux.

« Plusieurs des partenaires financiers veulent qu’il y ait une quittance dans le cadre du plan d’arrangement », a confirmé mercredi le syndic Christian Bourque de la firme PricewaterhouseCoopers (PwC) de passage en Cour supérieure, à Québec.

Le juge Daniel Dumais a entendu mercredi les retraités de GCM qui désirent inscrire leurs droits d’exercer un recours éventuel contre la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Or, selon le témoignage du syndic, des syndicats ont demandé des quittances afin que les retraités de GCM renoncent à leurs droits de les poursuivre éventuellement, sans quoi ils pourraient ne pas investir dans la relance des journaux sous forme de coopératives.

Mercredi, la CSN a nié avoir demandé des quittances aux retraités. 

« Jamais la CSN n’a exigé de quittance pour la relance des quotidiens du Groupe Capitales Médias. Cette disposition a été proposée par le syndic de faillite dans son plan d’arrangement déposé à la cour le 20 novembre dernier », a fait valoir un porte-parole de la CSN, François L’Écuyer.

Le bras financier de la CSN, Fondaction, prévoit pourtant investir 2 millions $ dans la relance des journaux de GCM alors que la centrale syndicale pilote les projets de six coopératives. 

« dégoûtant »

Les retraités de quatre quotidiens de GCM, dont Le Soleil de Québec, accusent la CSN de chantage et d’avoir gardé le silence sur la déroute de leur régime de retraite.

Retraité du journal <i>Le Soleil</i>, Pierre Pelchat était présent mercredi au palais de justice de Québec pour assister aux représentations en Cour supérieure dans le dossier de la faillite du Groupe Capitales Médias.
Photo Jean-Francois Desgagnés
Retraité du journal Le Soleil, Pierre Pelchat était présent mercredi au palais de justice de Québec pour assister aux représentations en Cour supérieure dans le dossier de la faillite du Groupe Capitales Médias.

« C’est dégoûtant de demander qu’on nous enlève tous nos droits de recours. Je suis estomaqué ! » a commenté le porte-parole de l’Association des employés retraités du Soleil, Pierre Pelchat.

Avec la fermeture des régimes de retraite, plusieurs retraités de GCM devront encaisser une baisse de leur rente d’au moins 30 %.

Plan d’arrangement

Devant la cour, le syndic PwC a présenté au juge Dumais un plan d’arrangement avec les créanciers qui demande des quittances de la part des retraités.

Les coopératives de travailleurs qui veulent relancer les six journaux de GCM assurent avoir trouvé leur financement (toutefois selon des conditions strictes) de 21 millions $. Tout comme le Fondaction CSN, le Mouvement Desjardins et le Fonds FTQ font partie du sauvetage. 

Les créanciers de GCM ont voté lundi dernier à 99 % pour le plan de relance des coopératives.

Un processus de vérification comptable resterait à être effectué pour obtenir un investissement de la part de Desjardins.

Investissement Québec (qui a déjà perdu 15 M$ dans l’aventure) n’a pas voulu indiquer mercredi le montant de sa participation dans cette nouvelle entreprise. 

Le juge Daniel Dumais devrait rendre une décision bientôt à savoir s’il autorise le plan d’arrangement avec les créanciers pour la relance des six quotidiens.